dimanche 26 février 2006

Meds

22.02. J’ai à nouveau fait un rêve étrange la nuit dernière. Glauque. C’était l’histoire d’un homme étrange et taciturne qui se vengeait sur les femmes qu’il séduisait pour une raison qui m’est obscure. La nuit, lorsque celui ci se retrouvait seul avec sa nouvelle conquête, il revêtait un masque fait de fil de fer noué, sortait un petit appareil électrique ( qui ressemblait à un sèche cheveux ) avec une grosse hélice à l’avant, et transperçait avec la tête de ses victimes. Les cris étaient étouffés par le ronron de l’appareil. Sa besogne fini l’homme s’en allait à la recherche d’une nouvelle proie. S’engageait alors parfois une course poursuite infernale dans de longs couloirs de verre entre cet homme et les victimes qui osaient lui résister. Ahem. Avez vous vu Funny Games ? Violence psychologique. Atroce pour ma petite tête.

Le quotidien me lasse et m’ennuie, bien trop fade si on n’y cherche pas quelques petits plaisirs à en tirer. Petites choses rigolotes, petites anecdotes, jolis nuages ou expression du visage.
Je suis une fille trop sage. Et croyez moi c’est réellement pénible. J’aimerais goûter à la vie façon sexe, drogue et rock n’roll. Mais paraît que c’est pas pour moi tout ça. Parfois j’en veux à mes parents pour l’éducation qu’ils m’ont donné. Parfois j’aurais voulut être éduquée autrement. Ou pas éduquée du tout tiens. Une petite dévergondée. Juste pour savoir ce que ça fait, de vivre sans retenu, sans jamais se soucier de quoi que soit, j’aurais voulut tout oser, tout transgresser, choquer, savoir me faire remarquer. Ce n'est pas moi, et ce ne le sera certainement jamais.

24.02. J’avais peint aux doigts, il y a quelques semaines déjà, un dessin plutôt brouillon et expressif pour exorciser la mort de mon grand-père qui me pesait. On y voyait un bonhomme rondouillard et une porte avec des ailes symbolisant le paradis devant lui. Bon ça n’a pas l’air comme ça, mais en réalité c’est très moche. J’ai du refermer les pages du carnet avant que tout soit totalement sec, car en le réouvrant, quelques petites parties sont restées collées au niveau de la tête. Ces petites déchirures ont dessiné sur son visages deux yeux et un sourire. C’est une superstition grotesque, fruit de mon imagination bien entendu, mais ça m’a fait sourire.



- Le lac d'Annecy par la fenêtre de la voiture -

25.02. Je me suis retrouvée seule dans la voiture, avec cette rage contre moi même, et cette envie de fondre en larme. Si j’aurais eu le cran, j’aurais foncé tout droit dans le premier mur venu. Manque de bol la mort fait partie de mes nombreuses phobies. Suicidez moi.
Les soirées entre amis font partie des réjouissances dont parfois je me passerais bien, surtout lorsqu’il n’est pas la pour m’épauler contre toute cette bande de couples niaiseux qui passent leurs journées à se rouler des pelles. Je me suis sentie incroyablement seule au milieu de tout ce pathétique. J’avais envie de fuir, de disparaître six pieds sous terre. Et j’en arrive a un constat bien récurrent, les gens ont changé, de nouvelles personnes sont arrivées dans le groupe, je sais que nous allons finir par nous éloigner. C’est peut être là, la juste mais triste loi des choses. Ou sont passés mes amis ?


Beaucoup de photos en attente. Je fais de mon mieux pour vous poster ça dans une galerie au plus vite. Patience, patience, donc !

samedi 11 février 2006

Vertige


La neige a disparue, rattrapée par la pluie. Le froid s’engouffre toujours sous ma veste et vient me chatouiller le nombril. J’aime les allures de zombies qu’ont les gens le matin dans le tram. C’est le seul moment de la journée ou celui ci paraît presque silencieux. La joue collée à la fenêtre je dessine un cercle de buée. Je ferme les yeux et me laisse emporter.

Mardi après midi. 4 heures d’expression plastique. 24 élèves. Une prof. Une radio. Une cafetière. Quelques boîtes de gâteaux. Du chocolat. Des dizaines et des dizaines de tubes de peinture, de pastels et de crayons. Et… et 24 Kakémonos ( un format japonais de 90 par 180cm ). Les cours d’expression plastique sont véritablement plaisant. On travail tous au sol, occupant la totalité de l’espace de la salle avec nos immenses feuilles. L’ambiance y est bon enfant, j’apprécie. Machin qui prête à chose, qui prête à bidule. Un peu de plus et on pourrait croire que nous sommes une classe solidaire. On s’octroie de temps à autre une pose pour aller faire le tour de la salle, en profiter pour discuter un petit peu et chiper un morceau de gâteau sur la table. Et puis, comme il faut son lot d’incidents, il y a aussi la séquence pétage de plomb et de quittage de salle en larme. Eh ouais.
Je n’arrive pas réellement à définir mon rôle au sein de la classe. Je crois qu’à vrai dire je n’en ai pas. Je suis la neutre, la timide, la posée, la calme, la bizarre peu être ? Je ne sais pas. J’essaie de fuir les conflits naissants, d’apaiser les clivages. Difficile. Avant les cours il m’arrive de m’asseoir en retrait et de les observer. Nous sommes tous de beaux stéréotypes. Excentrique, fashion victime, grande gueule, j’m’enfoutiste, décalé, introverti, hautain et j’en passe. Une bien belle brochette. Des gens quoi. Et dans le fond c’est ça qu’y a de bien. Nous sommes tous tellement humains au travers de nos défauts.

Jeudi soir j’en suis venue aux larmes pour une histoire de photos. Je frôle le ridicule . J’avais commandé la semaine dernière une centaine de photos pour mon projet perso, les premières photos faites avec mon numérique réflex que je développe, aussi imaginez quelle fut ma joie quand j’ai découvert le gros paquet signé « wistiti.fr » dans ma boite aux lettres. Je suis montée dans ma chambre et j’ai illico tout déballé et là, bah là, y’a eu problème. J’ai mis 2 secondes à comprendre que ces imbéciles m’avaient recadré toutes mes photos au format 11x15, le format numérique donc. Hors il se trouve que Arthur photographie au format argentique ( du 10x15 donc ) et là, bah crise de nerf. Il manque plus d’un centimètre sur chaque photo, adieu mes cadrages, ce ne sont plus mes photos. Il m’a fallut un peu plus de temps pour réaliser que l’erreur venait en réalité de moi, moi la courge qui a coché le format 11x15 en bonne ignorante, plutôt que le format 10x15. Et là, bah là, j’ai pleuré de rage contre moi même.

Je n’ai plus le temps que de l’entrecroiser. Plus de longues journées avec lui, plus de longues nuits avec lui. Je suis tiraillée par le manque. Il me manque tout entier. Son âme me manque, son corps me manque. Il.

Je m’éclipse une semaine. Je reviens le 19.

dimanche 5 février 2006

Morphine





- vlam ! -

Jeudi 2 février.
Je suis un petit peu perdue. Rien qu’un petit peu.
Tous des artistes de pacotilles. Tous prêt à tout pour avancer. Tous trop surs de leurs hypothétiques talents. Tous prêt à tout pour se mettre sur le devant de la scène.
Mais et toi ma vieille, t’es pas sur le devant de la scène par hasard ? C’est étrange. Oui c’est vrai. J’ai un orteil sur la scène virtuelle, grâce à vous. En réalité, j’ai jamais rien demandé et il m’arrive encore de me questionner sur le pourquoi du comment j’en suis arrivé là. Dans le fond, peut être que je l’ai cherché. Hors virtualité, les choses n’en sont pas vraiment de même, et quand je le suis c’est bien malgré moi.
Je passe mon temps à douter, mais je ne doute pas que le doute soit fédérateur d’un précieux équilibre. Je veux y croire. Mais à petit pas. On me parle de relations dans le milieu, de numéros de téléphone, de gens qui font ci, de gens qui font ça. On me dit, fait toi connaître, expose, diffuse ton blog dans la sphère réelle et professionnelle. J’ai peur. Peur parce que je ne suis à mes yeux pas à la hauteur, je ne suis pas prête pour tout ça. Je ne veux pas faire les choses au hasard.



- Ana Bagayan -

Un vieil homme est assis à côté de moi, avec sa femme. Un petit couple tout fripé qu’il est toujours amusant à croiser dans le tram. J’ai beaucoup de respect pour les personnes âgées. Il a laissé un vide c’est certain et depuis, j’ai toujours un pincement au cœur en croisant un couple de personnes âgées lors de mes errances. Vendredi c’est l’enterrement. Je vais devoir mettre des images sur ce décès. Ça va être dur. C’est toujours les images qui sont le plus dur pour moi.
Mercredi matin on a visité une agence de publicité. Je veux être graphiste web. Je veux réellement être graphiste web. En bientôt 3ans je ne me suis jamais lassée de me prendre la tête devant des codes et des logiciels. J’aime les casses tête. C’est toujours plaisant de se prouver qu’on peut les transgresser. Valorisant même. Je veux tout franchir, aller toujours plus loin, mais seule. J’aime avancer seule. C’est uniquement à cette condition que j’arrive à trouver du mérite dans ce que je fais. Mon père est réellement un grand angoissé. Je n’en avais jamais pris autant conscience que depuis que je fais les trajets avec lui. Je sais de qui je tien maintenant. Au début Strasbourg était pour moi une angoisse à elle toute seule, le moindre imprévu dressait soudainement une montagne infranchissable devant moi. J’avais peur. Le genre de peur irraisonnée que provoque toujours chez moi l’inconnu. Et je dois dire qu’il est difficile d’avancer dans la vie lorsque l’inconnu vous fait peur. Comment appel t’on la phobie de l’inconnu ? Je devrais peut être chercher.
J’ai conscience de beaucoup de chose en fait. Il faut dire que je n’ai certainement pas passé des heures à me torturer l’esprit pour rien. On en tire forcément des enseignement sur ce que nous sommes. C’est étrange. Souvent il m’arrive de me parler. De me parler comme je vous parle maintenant. De me raconter la vie intérieurement, de me raconter ce je suis, de me raconter les gens, de me raconter l’environnement. Je suis une sacré nombriliste. Il est vrai. Ça aussi j’en ai conscience. Mais faut pas venir vous plaindre, c’est écrit en gros tout en haut. Ça m’amuse beaucoup. Vous pensez que ma conscience déforme beaucoup les faits réels ? Je ne sais pas.



- Mark Ryden -

Vendredi 3 février, avant de partir, avant qu’il parte.
Il y a une chanson pour chaque occasion. Comptine d’un autre été est aujourd’hui pour lui. D’ordinaire elle me fait déjà pleurer alors associée à sa pensée elle me poignarde doucement. Jour funèbre et cortège du souvenir.
A peine arrivée devant les gerbes de fleurs sur le parvis de l’église que je sens déjà les vilaines me monter aux yeux. A mon cher époux, à nôtre cher papa, à notre cher grand-père. La cérémonie fut difficile, j’essayait de me concentrer sur l’architecture de l’église plus que remarquable, ainsi que sur l’accent polonais du prêtre. Mais les larmes reprenaient toujours le dessus. Pleurer est une chose que je sais faire admirablement bien. Je passe le reste sous ellipse. Rien de bien joyeux.



- Ana Bagayan -

A mon retour, Alice et June m’attendaient. Ne me dites pas que vous aussi vous avez quelque chose contre Indochine ? Oui bon, j’avoue, les textes sont parfois un peu bateau. Toujours est-il que je me suis laissé emportée au pays des merveilles, au pays des cauchemars.

Vendredi 3 février, après son départ, après mon retour.
Je n’ai plus de cœur, je n’ai plus de souffrance. Phrases qui ricochent dans ma tête. Déverser ce que j’ai retenu dans l’après-midi. Je n’sais plus quoi dire, je n’sais plus quoi faire. Tout se mélange, tout s’entrechoque. J’ai envie d’hurler mais rien de sort. Pas même les larmes. Bouillon intérieur. Je tournoie sur moi même, emportée par les mélodies. J’ai envie de crier. Sentiments exacerbés. Plénitude ? Je n’sais plus quoi faire, je n’sais plus quoi dire. Je ne suis plus qu’un paquet de nerf. Une boule de sentiments. Je n’sais plus. Ça passera. Je devrais apprendre à extérioriser. Je devrais apprendre à tout lâcher. Caractère instable.


Bonus track : Ana Bagayan, Mark Ryden, Marion Peck et Ray Caesar, illustrateurs de l’étrange.