samedi 17 juin 2006

Parenthèse




Je vous laisse quelques mots. Je m’en vais dans une heure, prendre la route, puis le bateau. Rêver pendants les transports. Vacances annuelles en famille. Direction la Corse, comme l'an dernier oui, sauf que cette année en plus de centaines de photos, je vais vous ramener un carnet de voyage, avec des croquis donc… ça sent le carnage à plein nez, mais je vais essayer de m'appliquer.
Je ne suis pas habituée à partir si tôt, merci les bacheliers, vous nous offrez des vacances prématurées. J’ai du mal à réaliser que l’an dernier j’étais à vôtre place. Tout me paraît déjà si loin.
Je vais louper la fête du cinéma et la fête de la musique. C'est bon de se plaindre pour des conneries. Dites moi que je ne connais pas ma chance.
Je suis de retour le 1er juillet. Et même que le 2 juillet, le tour de France passe dans ma rue. Ouais, c'est vraiment fantastique, c'est aussi ce que je me dis...
Sur ce, je vous laisse deux dessins pas franchement jolis… j’ai vraiment rien d’autre à vous montrer pour l’instant… ( et oui, les couleurs flashy sur le premier c’était volontaire… ).


Merci.

mercredi 14 juin 2006

Point virgule



- Euh... -

2 juin 2006.
C’est la dernière fois. Vous savez, ces dernières fois qui vous laissent toujours un petit goût amer dans la bouche, la fin des jolies choses, les jolies choses qu’on quitte dans un sourire, la tête pleine de souvenirs, un soupçon de nostalgie, une pincée de vague à l’âme, les yeux brillants.
C’est la dernière fois que j’ai traversé la ville, grouillante, en tram, bousculant les gens avec ma pochette, appuyée à la fenêtre, le monde s’offrant à moi, m’enivrant de musique.
C’est mon dernier trajet et je le savoure seule.
Je suis dans le train. Ma pochette à dessin verte mouchetée de noir sur mes genoux. Dans ma main droite, un stylo noir sponsorisé par la MGEL, glisse sur une feuille de papier machine.
Je suis dans le train. Un train corail. Je lève la tête, siège n°15, côté fenêtre bien entendu, et dans le sens de la marche, côté gauche du wagon. La fenêtre est sale, les hideux rideaux verts ondulent sous le mouvement du train. Le roulis me berce sur fond de special needs. Mon sac rouge est posé sur le siège d’à coté. Arthur est dans mon sac. Les sièges sont rayés d’un gris et d’un vert terne. Par la fenêtre défilent les près, tous plus verts les uns que les autres, mais parcourus d’infimes nuances. Le ciel est bleu, de grosses boules de coton y sont suspendus, tantôt immaculées, tantôt virant vers le gris.
Les câbles suspendus au dessus des rails ondulent doucement de poteaux en poteaux.
J’ai les joues très chaudes, et je les devine toutes rouges dans le reflet de la vitre.

Nous sommes le 2 juin et c’est ainsi qu’on commencé les vacances d’une Cédille.

Je me suis retrouvée sur ce balcon avec elles, ce balcon ou 7ans auparavant nous avions refait le monde en contemplant les étoiles. Je me suis appuyée à la rambarde et j’ai contemplé l’horizon. Le couché de soleil était magnifique ce soir là. Je pense qu’elles ont oublié notre passé, noyées sous les amis, les jours heureux, noyées par une jeunesse pleinement vécue peut être. Je n’ai pas oublié, je ne peux pas oublier, je crois que c’est un instant clé de ma vie : ce balcon. J’ai été heureuse de tous et toutes les revoir. J’ai été triste de constater que nous avons tous et toutes tellement mûri, changé, grandi, évolué…




11 juin 2006.
Et alors ?
J’ai encore trop bouffé. Bouffé, oui, parce qu’à ce stade là, ça ne s’appel plus manger. J’fais une fixette sur mon bidon avec l’arrivée des beaux jours, comme la plupart des nanas de mon age me direz vous… Mais tout de même, généralement c’était bien la dernière de mes préoccupations… Je me fais peur.
J’aime rouler la nuit, sillonner la campagne quand l’air est frais et les routes désertes. La lune était devant nous, ronde, énorme, presque hypnotisante.
La laiterie organise des soirées concerts gratuits et diffusion de matchs de foot à l’occasion de la coupe du monde. Nous sommes allé voir Stereotypical working class. La salle était minuscule, le public constitué d’une cinquantaine de personne. Un concert intimiste, à deux mètres du chanteur, j’ai vraiment apprécié. L’émotion aurait était à son comble si Arthur n’avait pas fait quelques caprices pendant le concert. En fait, un gentil monsieur qui fait de la photographie m’a fait essayé des gros objectifs qui coûtent une fortune juste avant le concert. Il se trouve qu’Arthur n’a pas vraiment apprécié car toutes les photos que j’ai pu prendre par après dans la soirée se sont retrouvées en « erreur CF ». J’ai réussi à sauver les meubles avec un programme de récupération… m’enfin…





Garanti sans retouches !



J’aime me regarder dans les yeux.
J’aime me regarder dans les yeux comme si soudain j’allais apercevoir au cœur de ma pupille une petite flamme vibrante. Une petite flamme vibrante de défi ? Cédille, fais moi peur. Crinière de lion et rêves écorchés.
J’aime le son du xylophone, et j’aime ce mot xylophone, quand j’étais petite j’avais un xylophone, quand j’étais petite vous savez… quand j’étais petite… et puis d’abord je suis toujours petite, mais je n’ai plus de xylophone.




14 juin 2006.
Je suis locataire, ça y’est j’ai mon pied à terre.
Un petit 40mètres carrés juste en face de l’UGC cinécité, à partager avec ma moitié. Depuis le temps que j’en rêvé, j’ai vraiment du mal à réaliser.
Je suis un peu un inquiète à l’idée de quitter mon cocon 5 jours par semaine, pas ma maison, mon cocon, ma chambre, mon lit douillet, mon ordinateur, mes affiches, mon tapis, mon parquet, et puis tout ça… mais je pense que ça va me faire le plus grand bien de voler de mes propres ailes, de m’échapper des jupes de ma mère, ma mère poule.
J’ai envie de me prouver que je sais me débrouiller toute seule.
J’ai envie de profiter d’une vie citadine, me balader le long des quais, sillonner la petite France, aller au musée pendant les heures creuses, faire du shopping quand je veux, aller boire un coup dans un café, traverser la rue pour aller au cinéma, faire des soirées chez nous, chez nous oui, vous êtes les bienvenu.
Et puis surtout : fini les trajets interminables, fini les nuits de 5 heures parce que je rentre tard et que je me lève tôt, fini le train et la voiture…
J’ai commencé à penser déco, je repeindrais bien les murs en vert anis/fushia, je vais aussi faire de la récupération de meubles à droite à gauche que je vais également repeindre…
C’est là tout de même que je me rend compte que la vie c’est drôlement cher… Aucune aide au logement, sinon plus d’allocations familiales… En plus j’ai envie d’un ordinateur portable, d’une tablette graphique et de partir à paris quelques jours… Tu rêves ma vieille… Et t’as même pas de boulot pour cet été.
Demain je vais m’inscrire en intérim. Oh joie ! Cédille face aux responsabilités de sa vie de jeune adulte qu’elle ne veut pas être.