Ce fut laborieux, mais je suis de retour. Quelques petits problèmes d’ordinateur, enfin, quelques gros problèmes d’ordinateur devrais-je dire, m’ont poussé à formater Nordi au courant de la semaine… et donc également à essayer de sauvegarder toutes les conneries que j’y accumulais depuis 2ans et demi…

Comme vous le savez, j’ai à nouveau foulé la terre aride de l’île de beauté. Je ne saurais vous dire si ce fut de bonnes vacances ou non. J’ai passé deux semaines à Porto Vechio, Porto Vechio, un coin magnifique, certes, mais que je commence à connaître par cœur. Le plaisir de la découverte s’est envolé, je suis presque lassée, blasée, par tant de beauté.
Pour les courageux, j’ai eu le temps de raconter tout ce qui suit sur place, c’est un petit peu long et pas vraiment passionnant, mais je vous le laisse. Je vous laisse aussi des scans de mon « carnet de voyage », ça reste très sage, naïf peut être, je n’ai pas de style graphique… Sinon pour les photos j’en ai fait plus de 800 et la récolte est moins bonne que celle de l’an dernier… Bon voilà, j’ai fini de critiquer : )


" Bâle s’étend toujours immuable sur le chemin de mes vacances. Comme une étape obligée, le labyrinthe de tunnels et de routes en travaux. Je ne connais que Bâle l’industrielle, ses usines et ses sièges de grandes entreprises qui bordent l’autoroute, ses vitres cassées, ses graffitis, ses néons, ses lampadaires, ses rayures blanches et rouges, ses panneaux de signalisation. J’ai croisé une énorme cheminée à carreaux rouges et blancs ainsi que leur tramway vert, étroit et si pittoresque, faisant presque tache dans le décor…
Le reste du trajet se déroulera sous la pluie, un temps maussade qui déteindra sur mon état d’esprit. Alors j’ai dormi, dormi pour oublier la pluie.
Nous sommes arrivés au port de Livourne vers 4h et demi du matin, les jambes engourdies. Vagabonder sur le port silencieux qui s’éveil aux premières lueurs du jour.
Nous avons embarqué à 7h et demi, c’est toujours le même rituel, la chaleur enfermée dans les soutes du ferry, les passerelles métalliques, deck 5, porte rouge, à retenir, la course dans les escaliers pour être les premiers sur le pont, attraper 4 chaises longues pour lézarder au soleil. Le seul hic du jour, c’est que le soleil ne semblait pas vouloir se joindre à la partie… et que pour couronner le tout il nous a envoyé ses copines les gouttes de pluies. Cédille broie du noir, emmitouflée sous ses 2 pulls, les mollets glacés par le souffle du vent.
Et puis par un quelconque enchantement, le temps a commencé à se dégager au fur et à mesure que nous approchions des côtes corses…
En descendant sur Porto Vechio, j’ai été frappée par le nombre impressionnant de panneaux publicitaires bordant la route. Au moins un tout les 10 mètres. Campings, restaurants, hôtels, supermarchés, locations… La Corse vie du tourisme, assurément. J’ai trouvé ça pour le moins effrayant, toute cette pollution visuelle, on se croirait sur la côte méditerranéenne dans le sud de la France…
19 juin. Ciel voilé. La Corse ne nous y avait jamais habitué.
Nous sommes allé faire les course au Super U local. En juin les plaques d’immatriculation 2A sont encore en surnombre par rapport aux touristes. En juillet il devient plus difficile d’en trouver. Je m’amuse à deviner entre les rayons qui est corse, qui est touriste, pas bien difficile la plupart du temps. L’après midi nous avons mis les pieds à Santa Giulia, 4euros de parking, de l’escroquerie. Et nouvelle déception, Santa Giulia, notre plage paradisiaque est cette année envahie par les algues… Le cœur n’y ait pas. Je me sens seule et je n’arrive pas à profiter de cette solitude.
20 juin. Le vrai plaisir des vacances c’est la douche. Renaître sous un coulis d’eau tiède, embaumé de parfums exotiques dans l’étroite cabine de douche, se débarrasser, du sel, du sable, de la crème solaire…
Aujourd’hui nous sommes allés nous baigner dans les vasques naturels du « Cavu ». Armés de nos sacs étanches nous avons remonté la rivière pataugeant, nageant, grimpant…
Je joue avec le relief de la surface de l’eau qui cours sur les rochers, en modifier les dessins en y plongeant une main, un pied. L’eau file à vive allure entre mes doigts, glissant sur la paroi, pour former cascades et toboggans. J’ai plongé mes mains au cœur de la petite cascade, déviant l’eau de son chemin, ricochant contre mes avant bras et m’éclaboussant tout le visage. Oui, un peu comme dans les pubs tahiti douche…
Bonifacio est une ville qui m’impressionne. Citadelle perchée sur sa falaise de calcaire que la mer ne cesse de grignoter. J’ai du mal à imaginer que des gens puissent vivre toute l’année dans ces bâtisses si hautes et si étroites. Ces lieux sont fabuleux l’été mais doivent être bien désertiques et délaissés l’hiver. Les ruelles ont quelque chose de magique, étroites, coincées entre deux immeubles, un sol pavé et des escaliers grimpant partout. Les bâtisses comptent généralement 4 ou 5 étages, accessibles par un petit escalier grimpant dans l’obscurité et le délabrement de vieilles pierres et constitué de hautes marches. A vous en donner le vertige. Partout des cages d’escalier ouvertes, s’offrent aux passants. Et le linge suspendu aux fenêtres ne manque pas de dégouliner sur ces derniers.
J’admire les jeux d’ombres et de lumière dessinés, par le coucher de soleil qui vient s’échouer sur les sculptures de calcaires creusées par le vent sur les parois de la falaise.
23 juin. Plage de Rondinara, un lagon aux eaux turquoises, sable blanc et bordé de rochers rouges accessible par une petite route sillonnant un maquis calciné. Des arbres squelettiques, noircis par les flammes, tendent désespérément leurs branches crochues sous un soleil de plomb. Vaste cimetière d’une nature jadis foisonnante. De petites poussent renaissent timidement d’entre les cendres.
L’attraction de la plage de Rondinara c’était une sublime vache corse qui jouait les venus allongée sur la plage, mâchonnant impassiblement, stoïque face aux nombreux objectifs de touristes qui la mitraillaient.
Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si la coquette n’avait pas été rejoint par un troupeau d’une dizaine de vache dont un taureau, visiblement pas très content de trouver sa plage envahie de touristes. Celui ci à commencé à gratter le sol et à pousser des grognement des plus suspects, s’apprêtant à charger. Les curieux ont bien vite déguerpi… 25 juin. Dimanche matin c’est marché. Des indigènes locaux qui se planquent sous leurs parasols multicolore pour éviter la chaleur déjà écrasante du matin. Fruits et légumes, les étalages sont colorés. Produits corses bien évidemment, de la charcuterie au fromage, en passant par la confiture de figue, le miel, les épices et le poisson fraîchement pêché. Quelques tableaux sont exposés sur la place du village d’un réalisme à vous couper le souffle…
26 juin. Routes de montagnes, sinueuses, sinueuses, et moi à l’arrière de la voiture je suis nauséeuse. Pause au bord du lac de L’Ospedale, histoire de récupérer, j’en profite pour faire une aquarelle vite fait. Petits villages un peu coupés du monde, vieilles pierres et vieilles portes en bois. Nous avons fini par atterrire à Sartène. Toujours ce dédale de ruelles pavées grimpant entre les bâtisses, un chat lézarde à l’ombre, un groupe d’enfant du coin semble s’ennuyer assis sur les escaliers. Réconfort d’une glace à la framboise sur la place du village. La place du village, son café, sa fontaine, son monument aux morts, ses bancs, ses palmiers. Ici c’est un autre rythme de vie…
29juin. Tarot à la lumière vacillante des bougies ( anti-moustique bien entendu ). L’ombre de mes pieds battant la mesure se déploie gigantesque contre le mur.
Nous avons remonté la Vacca. Marchant, grimpant, sautant de rochers en rochers, tantôt gigantesque, tantôt tout petit. Ici tout paraît démesuré. Les pieds dans l’eau, jusqu’aux genoux, jusqu’à la taille. Sauts gracieux. Vous savez, c’est comme dans ces livres pour enfants, avec des labyrinthes et des jeux, il faut sauter de rocher en rocher en évitant les pierres qui roulent, les trous d’eau et les ronces. La jungle aux 100 périls, j’adorait ce bouquin. Je ramasse de grosses pommes de pin que je vais peindre pour l’appart. J’ai envie de tout peindre ces dernier temps. Vert pomme, bleu azur, rose cerise.
Les ruelles de Porto Vechio, trop parcourues ne me laissent plus qu’un goût amer dans la bouche. [ ... ] "