22 juillet 2006.

Et c’est déjà la fin.
C’est la première fois de l’été que j’ai pu admirer un levé de soleil. Trois levés de soleil, pour trois jours à se coucher aux aurores.
Endormis, endoloris, mais vivants.
Crêpes au nutella sous les premiers rayons du jour. Avant de sombrer.
Réveils difficiles sous l’écrasante chaleur du début d’après midi. Toujours les mêmes regards endormis. Les silences matinaux. Les restes de jus de fruits chauds et de chips au paprika au milieu des cadavres.

Le crâne contre le parquet, allongée, l’ombre de leurs pieds qui danse sur le sol, le reflet des lampes chinoises, une odeur de bougie, les lueurs des bougies, des lampions, et moi, et moi, sur le sol.
Archive. Dark Room.
Face in my hands admiring that view again, pictures tell me it's only my fear.
J’observe a demi consciente. Les rires et les sourires. Les paroles, les cris aussi.
Je crois que ça pourrait continuer des heures ainsi…

Et puis tout recommence.
Bataille d’eau sur le balcon en bois. Les stries du bois sous la plante des pieds. Les chaises en ronds, la table basse carton. L’alcool. Clope sur clope. Eclopés. Je m’isole. Parcours les magasines de décoration sur le canapé. J’observe le couché de soleil sur les toits des vieilles maisons, penchée au velux.
Allongée sur le parquet toujours. Musique toujours, toujours, toujours.
Et puis Harry sur GameCube pendant le reste de la nuit. Et le matelas gonflable qui rebondi.

Et puis tout recommence.
Les même regards, les même bouteilles, les même gestes, les même sensations.
Si bien ? Si mal ? Je ne sais pas si je suis vraiment faite pour ce genre de vie. Je savoure l’instant présent.
Couché de soleil sur les champs de maïs.
Yann Tiersen au piano. Je chavire, des étincelles dans les yeux. J’admire et j’envie. Je ne serais certainement jamais musicienne.
Assise sur le carrelage chaud entre la baie vitrée et la terrasse, Arthur contre moi, je vois tout, j’entend tout. Je suis certainement la seule en cet instant à être consciente de tout ce qui se passe. Au centre et pourtant si seule.
Et puis instant musical sous les combles. De zombie à where is my mind, en passant par still loving you, les grands classiques à la guitare, admiration toujours…

Insouciance, inconscience, 3jours après lesquels je me sens bien.