samedi 25 novembre 2006

A demi-mot


Cette semaine je ne raconte pas. Cette semaine je vous invite dans ma tête. Pensées cédillesques, en vrac, chaque soir.


Dites, j’suis pas un peu trop grande pour jouer les adolescentes torturées ?
Ça m’a pris. Un geste sous la douche, un éclair qui me traverse l’esprit, et me voilà les deux mains dans la peinture, devant un Arthur ayant lui aussi subit quelques dégâts picturaux.
Peut être qu’elle sera mon modèle. Fini de faire joujou avec le retardateur ? Pas si sur.
Avant d’être une bonne photographe, je crois que je suis surtout passée maître dans l’art de la retouche d’image.
« Ça se voit que c’est du Cédille ! ». Il n’y a pas plus beau compliment qu’on puisse me faire.
Je ne me rend pas vraiment compte que je puisse posséder une touche et un univers distinct, mais ça me comble plus que tout. J’ai essayé le EOS 400D cette après-midi, le second petit frère d’Arthur, une petite révolution par rapport à ce dernier, léger, grand écran, qualité de photo encore meilleure, un bruit au déclenchement encore plus magique. A bon entendeur : )
J’aime faire allusion à, laisser les gens réfléchir à. « Mais qu’est ce qu’elle a bien voulut dire par là ? »
Je dévoile beaucoup, et en même temps bien peu. J’aime laisser planer le doute, laisser les gens s’identifier eux-même. Et à ces mots, tu as le droit de t’identifier.
C’est assez étrange de parler aux gens par l’intermédiaire de mon blog. Je le faisait peut être déjà avant, mais les personnes en question ne risquaient pas de tomber un jour sur mon jardin secret. Cette année la petite grille est laissée entrebâillée pour les curieux du quotidien. Et s’il sont peut nombreux à venir fréquemment ce n’est peut être pas plus mal.
C’est dingue comme les choses changent quand le contexte change.
J’ai toujours l’impression que les évènements se déroulent sans aucune suite logique, que tout est discontinu, une vie en pointillés.
« Mais tu es nue ! » « Non non, je suis en pantalon ».
Et non, ce n’est aucunement par pur exhibitionnisme. La nudité ne me choque pas, bien au contraire, un corps c’est beau.
Exprimer la souffrance par le corps.
Et si je me moquais des quand dira-t-on ?
Vêtue de mes ailes d’ange, traversant la folie, je suis Juliette. Ou es-tu Roméo ?
Je suis sure qu’il doit encore y avoir un paquet de films excellents, que je n’ai pas vu, mais que j’aimerais voir. Petite annonce passée, des divx à me prêter ?
J'ai les pieds explosés. Merci mes doc martens. Et puis tous mes pantalons sont en lambeaux.


J’ai encore une tache de peinture rouge sang devant moi.
N’empêche que la reine du malaise est aussi la reine du camouflage.
« ça va ? » « bien bien et toi ? »
Depuis le temps, depuis le temps… Peut être que les gens ne peuvent imaginer tout ce qui se passe dans la caboche d’une cédille. Peut être que d’autres le sentent.
Un jour on m’a balancé avec un trop plein de sincérité et de tendresse « t’as l’air triste comme fille ». La scène m’est resté. Faudrait que j’arrête de déballer ce genre de choses, mais j’y arrive pas vous voyez.
J’suis inspirée ces deniers temps, j’ai envie de raconter, d’écrire, sans trop réfléchir, balancer au fil des jours, des phrases incohérentes, traces de ce qui se trame dans ma boite crânienne, ici, sur cette page Word intitulée 20novembre.
Je suis inspirée parce qu’en interaction avec mon environnement, parce que les choses semblent changer, évoluer, que ces changements m’effraient et m’attirent.
Moi aussi je m’approprie des petits bouts d’univers pour y semer mon identité en rêvant qu’il y poussera des étoiles. Je ne suis pas taggueuse, je suis blogueuse. Comprendra qui pourra n’est ce pas.
Et je suis seule à errer, grenadine à la main au milieu de l’appartement.
Je suis bien toute seule, non pas parce que je suis sans lui, juste parce que je suis seule.
Et c’est quand qu’elles arrivent ces foutues cartes culture ?
Je traîne sous la douche, regarde des conneries à la télé, m’allonge sur le lit et me torture l’esprit.
J’attend le studio de créa du jeudi avec impatience pour pouvoir aller consulter mes commentaires. Deux jours d’attente, c’est long, m’avez-vous écris ? Mais l’impatience procure encore plus de plaisir à la découverte de vos mots.
Alors quand on m’annonce qu’on m’a écrit un petit roman, ça devient carrément de la torture.
C’est étrange d’être confrontée à ses anciens problèmes par le biais d’images, de personnes vivant la même situation.
Quels commentaires, merci !
C’est un drôle de jeu, tu ne trouves pas ?
Marche arrière, lecture, marche arrière, lecture, marche arrière, lecture.
C’est étrange, je ne comprend qu’aujourd’hui la signification de certaines phrases.
Et sous les traits de mon indifférence, se cache…
J’vous en pris, flinguez-moi. J’ai une sorte de violence à mon égard, violence que je n’arrive pas à exprimer autrement que par des images et des mots. J’suis incapable de me faire du mal. Parfois j’aimerais savoir.
Me faire passer un oral devant toute une classe, c’est me soumettre à la torture. Difficile à comprend pour certaines personnes. Une affaire de timidité, ça se travail, ça finira par passer, vous en êtes bien sur ? ça fait 19ans que j’attend…
Et encore, si un jour ça marchais comme je veux, peut être que j’arriverais à croire un minimum en moi à ce niveau là. Mais non, à chaque fois c’est l’hécatombe, à chaque fois le fossé se creuse, je n’avance pas, je suis comme paralysée.
Mais je ne veux pas être rassurée, ou plutôt si je veux être rassurée, rassurez-moi, rassurez-moi, mentez-moi.
Qui s’y frotte s’y pique. Ça vous parle ?
A demi-mots, à demi-nue. J’écris et je cris. Mais suis je si effrayante que ça ? Tout ça pour un regard ?
Et je blablate, je blablate, je blablate. Rêves interdits. Mais qu ‘est ce qui m’arrive ?
Je te suis, je te fuis. Bienvenue dans ma tête.
J’ai le droit de vous faire une déclaration ? Merci d’être là. J’ai pas l’habitude de compter, j’ai pas l’habitude d’exister.
J’aime écouter les gens parler de leur expériences. C’est étrange comme on a tous pu, un jour ou l’autre, ressentir les même choses.
Esprit chamboulé.

Doutes.



Et pendant que je passe à la casserole, d'autres ( me ) dessinent…
Merci. Tout compte.

samedi 18 novembre 2006

Comptine d'un autre automne





Je suis revenue de Venise. Venise c’était magique. Je ne sais pas par où commencer, mais je vais tout de même essayer de vous raconter. Du blabla détaillé qui n’intéressera peut être pas grand monde à part les quelques présents au voyage qui passent par ici.
J’ai ouvert mon carnet, relu les passages griffonnés au crayon, allongée sur le lit de l’hôtel. Il y a ces souvenirs qui s’estompent déjà, ces images, ces sons, et ces sentiments.


Lundi 6 novembre 2006, le réveil a sonné à 4h45. J’ai traîné mon sac trop lourd pour mes petites mains jusqu’au bus. J’étais étonnamment sereine, pas trop angoissée. Venise, me voici.
Le trajet fut long, une demi journée de bus, coincé entre deux sièges, les jambes engourdies, 12h à bouffer du mp3, des siestes et des bonbons.
Petit rituel des vacances, nous sommes passé par Bâle. Je ne vous présente plus Bâle, la métallique, la bétonnée, je vous en ai déjà assez parlé. J’aime Bâle, Bâle m’inspire.
La suisse est un pays plaisant à parcourir sur l’autoroute pour la richesse des paysages qu’elle nous offre : vallées de verdures et de roches, sommets qui s’enchevêtrent, contraste de couleurs, magnificence des étendues d’eau… Mieux vaut en profiter car une fois la frontière italienne passée, c’est rapidement une autre histoire…
J’ai fait semblant de dormir et appuyé frénétiquement sur le bouton du volume afin de couvrir les cris de mes voisins de voyage. Certaines personnes m’ont déçue.
Parfois j’ai l’impression d’être la spectatrice d’une vie qui passe sans moi. On m’aurait abandonné là, sur une aire d’autoroute, et je regarderais passer les vies, sans voir défiler la mienne. Je suis toujours entrain de courir après mon temps, entrain d’essayer de rattraper un certain wagon que j’ai du loupé fut un moment déjà, mais rien n’y fait, je passe ma vie à courir, sans jamais arriver à la rattraper.
Nous sommes arrivés à Jesolo sur les coups de 16h30 : Hôtel Canova, chambre 104 et clef dorée, pour notre groupe de quatre filles. Tout ce qu’il y a de plus convenable.
Après le repas du soir, nous sommes allé faire un tour dans Jesolo. Jesolo est de ces villes extrêmement touristiques l’été, comme peuvent en témoigner les nombreux hôtels, restaurants, et boutiques, mais seulement voilà, début novembre, Jesolo s’apparente bien plus à une ville fantôme qu’autre chose. Les rues étaient désertes, les rideaux clôts, et pas âme qui vive à croiser. J’ai découvert une ville d’ordinaire touristique, délaissée et morte.
Nous avons foulé le sable doux de la plage, dans l’obscurité d’une nuit automnale, tombée bien trop tôt. Le sable était doux sous les pas, la pleine lune laissait glisser ses reflets dorés sur la mer et le sable. Nous sommes allé jusqu’au bout du ponton, toutes les quatre au milieu de l’eau, tout était silencieux, hormis le bruit des vaguelettes ricochant contre le ponton. C’était très beau, premier instant magique.
De retour dans le hall de l’hôtel nous avons retrouvé une partie de la classe à comater sur les fauteuils du rez de chaussé. Le hall de l’hôtel avait des allures plutôt kitsch, moquette rouge au sol, rampe d’escalier art nouveau, lustre baroque blanc, fauteuils d’osier, fleurs en plastique, comptoir en bois avec un joyeux bordel d’images et d’objets sur ou devant le mur.

Mardi 7 novembre, jour 2, réveil difficile. J’ai sorti ma tête par la fenêtre, il faisait froid et brumeux.
Après une longue attente dans l’air glacial pour obtenir nos passes à la semaine, nous avons pris le vaporeto. La mer s’offrait enfin à moi au grand jour, alors que les premiers rayons du soleil dissipaient la brume. J’ai trouvé ça un peu étrange de me trouver ici, en plein milieu de cette eau turquoise au mois de novembre.
Notre premier groupe a accosté Venise vers 11h, ce qui nous laissait 30 minutes chrono pour nous perdre à la découverte de Venise, en attendant la venue du second groupe. Aussitôt dit, aussitôt fait !
Les yeux grands ouverts, j’ai découvert les premières façades de Venise, de belles portes en bois, des fenêtre en arcs , des façades aux couleurs tantôt vives, tantôt délavées, les premiers ponts en pierre blanche, surplombant les premiers canaux. C’était trop beau. Je crois d’ailleurs que l’expression « c’est trop beau » fut mon slogan favori durant toute la semaine. Lâchée dans les ruelles, j’étais comme une gamine, émerveillée par la beauté de ces lieux. Je ne savais plus ou donner de la tête, je ne savais plus quoi photographier.
Le groupe au complet, nous sommes allé à la rencontre de la colonie de pigeons peuplant l’incontournable place Saint Marc. La place Saint Marc ou San Marco pour les locaux, est tout simplement majestueuse, les architectures l’entourant en imposent, on se croirait dans un décor de film tant tout vous paraît irréel. J’étais émerveillée, je ne sais même pas comment vous l’expliquer. On a commencé par la visite de la Basilique. Une architecture sublime, beaucoup de décors et de dorures finement réalisés. De gros et beaux encensoirs étaient suspendus. C’est dans ce genre d’architectures qu’on se sent véritablement si petit et si insignifiant.
Après avoir avalé notre fort garni « panier repas » - bon à vrai dire j’ai rien mangé - nous nous sommes rendus au Palais des Doges. Dans la lignée de la Basilique, une architecture vraiment impressionnante, une succession de salles des plus immenses qu’il soit, richement décorées de tapisseries, fresques, dorures et meubles précieux. Comme pour la basilique, les photographies étaient interdites, j’ai essayé de ruser comme j’ai pu pour en ramener quelques traces.
Suite des réjouissances de l’après midi, le musée Correr : des tableaux classiques, des statues, des vieux meubles, des globes terrestres, des épées, boucliers, et des armures…
On a fini par aller se perdre dans les ruelles Vénitiennes, à l’affût du moindre pont, de la moindre ruelle étroite qui attirerait notre curiosité. Dès 16h30, la luminosité a commencé à baisser plongeant Venise dans un dégradé de tons rompus.
A 18h nous avons repris le Vaporeto, tous entassés dans la petite cabine au bar clot, pour échapper au vent glacial extérieur. J’étais épuisée, le chahut m’a très vite étouffé. Je suis sortie sur le pont avant, le visage face au vent. Je voulais être au calme, réfléchir. J’étais éprise d’un drôle de sentiment.
Le vent me giflait le visage, j’étais frigorifiée, mais je ne voulais pour rien au monde perdre une goutte de ce paysage. La sombre lagune était parsemée de dizaines de lampadaires au milieu de l’eau - aussi appelés phares, certes -. De part et d’autres les quais de Venise scintillaient dans l’obscurité alors qu’une imposante pleine lune veillait sur nous.
Quand j’ai remis pied à terre j’étais véritablement frigorifiée, mais souffrir a souvent du bon.
Le séjour fut rythmé par les airs du vieux piano du hall de l’hôtel. C’était à chaque fois plus beau. Je crois que je suis dingue de cet instrument.
J’ai vadrouillé en chaussette au milieu du chahut général, de chambre en chambre, d’éclats de rires en éclats de rire, l’ambiance était un peu euphorique. Quand les grands ados - jeunes adultes ? – partent en colonie de vacances…
Les garçons sont venus nous lire Biba pour nous endormir. Paraît que je ne suis pas une chieuse, je suis une titilleuse… Merci Biba.

Mercredi 10 novembre, jour 3, réveil au son du Lion qui est mort ce soir, chanté à capela par la chambre voisine.
Nous avons débuté la journée par un tour en vaporeto dans le grand canal de Venise. C’était magique. A la proue du bateau, appareil posé sur la rambarde, j’ai mitraillé, vous imaginez.
Après avoir sillonné à pied ruelles sur ruelles, nous avons fini par atterrir devant la fondation Pinault, et là, quelle fut notre déception : Fondation fermée pendant 3 semaines pour transfert d’œuvres… Résultat des courses, quartier libre toute la matinée, rendez-vous à 13h30 à l’autre bout de Venise pour la biennale de l’architecture. Entre temps nous avons eu l’occasion de nous perdre dans Venise. Au final il ne restait plus grand monde de notre groupe originel. Dans Venise, mieux vaut ne pas se perdre de vue plus d’une minute sans quoi, on risque fort de se retrouver seul face à 3 embranchements !
La Biennale de l’Architecture se déroulait en deux lieux : la première partie en intérieur, dans de sortes de vieux hangars, la seconde dans un parc parsemé de pavillons aux couleurs des différents pays d’Europe. La première partie était dédiée à l’étude de différentes villes du monde, plan d’implantation urbain, architecture, densités de population, réseau routier, mode de vie, le tout au travers de photographies, graphiques et graphismes, vidéos, et de sortes de cloches diffusant les ambiances sonores des différentes villes. D’autres hall quand à eux nous présentaient des projets d’architectures innovants et spectaculaires. La seconde partie se déroulait dans un parc, nous n’avons pas eu le temps de tout voir, mais le meilleur des pavillons visités, et sans patriotisme promis, fut celui de la France. En réalité il se démarquait surtout par son originalité et son ambiance chaleureuse. Vêtus de nos casques de chantier nous avons gravis l’échafaudage installé à l’intérieur du pavillon, jusqu’à aboutir en extérieur au niveau du toit de celui ci. Enfin, je ne sais même pas comment tout vous expliquer. C’était génial, voilà tout.
Ce soir là, dans le vaporeto, je suis partie dans ma bulle. Un peu comme tout les soirs pour tout dire. J’aime cette vie en communauté provisoire, mais mes moments de solitude me manquent. Je n’arrive pas à me poser au calme quelques instants, je n’arrive à réfléchir, je n’arrive pas à écrire. Je n’aime pas trop m’éloigner de ma bulle.
Drôle de sentiment persistant. J’ai noué une véritable affection pour certaines personnes. Je ne sais pas si cette affection est réciproque. Je ne suis pas vraiment le genre de personne qu’on aime facilement.
Dans les couloirs de l’hôtel, le chahut général avait repris. J’entend encore les pas des courses poursuites résonner dans les couloirs. Il y a ceux qui se retrouvent autour du baby-foot, ceux qui se retrouvent autour d’une bouteille de vin et ceux qui se retrouvent tout simplement.
Et puis on est allé voir la mer. Tous assis au bout du ponton en bois humide, au milieu de l’eau. J’avais les pieds dans le vide, le visage face à une lune bien voilée ce soir là. Les gens parlaient, buvaient et rigolaient, moi je voulais juste me poser pour regarder la mer, je voulais être seule mais entourée, j’aime être seule mais entourée. On m’a fait des confidences. J’en ai été heureuses. Ce sera à mon tour, promis, mais je ne voulais pas pleurer là bas.
De retour dans le hall de l’hôtel nous avons croisé une prof quelque peu éméchée et je dois dire ce que cela fut plutôt amusant. Vivre avec les gens révèle une toute autre facette de leur personnalité. En une semaine j’ai appris beaucoup plus sur chacun d’eux qu’en ces deux premiers mois.
Je suis allé me coucher sur les coups de 1h. Et dans l’obscurité de la chambre, les yeux grands ouverts, j’entendais résonner dans le hall, les notes du vieux piano, qui semblait encore chanter rien que pour me bercer.



Jamais - Clyfford Still - Mai 1944

Jeudi 11 novembre, jour 4. C’est dès le matin que la nostalgie a envahie mon esprit. Dernier jour à sillonner les canaux de Venise déjà.
J’étais en petit comité dans le vaporeto ce matin là, ça m’a fait du bien. On a vu une énorme méduse dériver à côté du bateau, c’était impressionnant.
Après un long parcours dans les ruelles, nous nous sommes rendus à la Collection Peggy Guggenheim : du surréalisme, du constructivisme, du cubisme, de l’expressionnisme, du futurisme, et plein d’autres courants artistiques encore, mais qui ne riment pas en isme
J’imaginais ça plus grand tout de même, la visite fut assez vite faite, intéressante néanmoins.
L’après midi, dernier quartier libre. Nous avons beaucoup marché, avalé deux glaces, regardé les magnifiques masques des vitrines, ré-essayé d’entrer à la biennale sans succès, fait quelques courses au super marché, et puis surtout aussi beaucoup marché. Je crois que maintenant je peux presque me vanter de connaître Venise par cœur.
Nous avons repris le vaporeto pour 18h, comme tout les soirs de la semaine, sauf que ce soir là, c’était pour la dernière fois. Après, un repas vite avalé, une douche tout aussi vite expédiée, nous avons réinvesti le bus pour une dizaine d’heures, afin de se rendre à Genève. Ce soir la nous avons eu droit à deux film, Lord of War et Ray, ce qui eu le mérite de nous divertir en nous faisant passer le temps, bien que la fatigue ai parfois fini par l’emporter sur mon intérêt, surtout que j’avais déjà vu Ray il y a trois semaines de cela.
J’aime quand le bus devient silencieux, que les visages endormis ne s’éclairent plus uniquement qu’à la lumière des lampadaires qui défilent sur le bas côté. Tout était paisible.
J’ai croisé un regard. Et ce n’était pas un rêve, mais un joli moment.



Vendredi 10 novembre.
J’ai émergé de mon état de somnolence sur les coups de 7h. La tête dans le brouillard. Le bus était encore silencieux, les premiers yeux s’ouvrent lentement, difficilement, tous engourdis que nous sommes, à force de dormir dans des positions des plus inconfortables.
On est descendu dans le centre ville de Genève prendre un petit déjeuner dans le restaurant d’un hôtel trois étoiles s’il vous plait ! Puis on s’est séparé en petits groupes pour aller se balader dans le centre ville. J’étais pas trop dans mon assiette, pensive et très fatiguée, mes muscles ne se retenaient pas de me rappeler que j’avais déjà 3 journées de marche derrière moi. Genève n’est pas particulièrement belle, ni particulièrement moche, c’était juste différent, dépaysant. Genève est une ville de tout ce qu’il y a de plus contemporaine. Un tramway, une ligne de chemin de fer, des grands magasins, des rues pavés, des pistes cyclables, etc… Vous y ajoutez des maisons à colombage, et ça y’est vous êtes à Strasbourg. Je n’ai pas pris beaucoup de photos, je n’avais peut être pas la tête à ça. Je me suis sentie un peu échouée là sans trop savoir pourquoi, à traîner silencieuse au milieux de ces gens que j’apprécie énormément.
Sur les coup de 14h nous nous sommes rendus à l’ONU. L’entrée était extrêmement contrôlée. J’ai enlevé tous mes objets métalliques, ai placé mon sac sur le tapis roulant puis je suis passée sous le portique. La visite guidée ne fut pas franchement instructive, d’autant plus que j’ai pris très à cœur ma tache de reporter photo pour les journées portes ouvertes de notre établissement, en oubliant parfois de prêter attention à ce que pouvait nous raconter la demoiselle blonde en tailleur bleu qui nous servait de guide. Pendant la conférence de l’architecte de l’Onu, je me suis endormie, comme beaucoup d’entre nous à vrai dire, on m’a réveillé en sursaut. Je me suis sentie un peu bête, mais vraiment impossible de lutter contre la fatigue.
On est arrivé à Strasbourg sur les coups de 22h. Une bise à tout le monde, et voilà que je me retrouve toute seule à attendre. Le séjour s’achève, bonjour quotidien. En fait peut être que c’était quand même un rêve. Un rêve dont la chute, le retour à la réalité, est plutôt difficile.



J’aimerais en dire plus, mais je ne peux pas. La reprise fut difficile. J’ai fait plusieurs crises de larmes cette semaine, je ne suis pas bien, j’ai l’esprit un peu chamboulé, je me pose beaucoup de questions sans réponses à propos de mon couple, beaucoup de questions sans réponses à propos des gens. Que veulent dire les regards ? Les regards m’obsèdent, m’intriguent, tous. J’ai envie de me faire violence, mais je ne peux pas, je suis l’éternelle petite Cédille, coincée entre deux mondes, l’éternelle rêveuse, l’éternelle fille silencieuse. J’aimerais être une héroïne de film, mais je suis déjà une héroïne à ma façon, en vous racontant ceci, en essayant de sublimer ma vie, la seule chose que j’ai c’est Cédille, mon identité, ma moitié. Les gens m’idéalisent, c’est la faute à Cédille, j’ai peur de les décevoir, je ne suis pas une fille géniale. Dois je perdre mes mystères ? Et vous alors, qu’y a t’il derrière votre carapace ? Vous n’êtes pas les seuls curieux, racontez moi… et je ne m’adresse pas ici qu’aux personnes virtuelles. Vous êtes aussi mystérieux que moi, ça me fascine, racontez moi…

samedi 4 novembre 2006

Les clichés de l'ennui





24 octobre 2006.
Mardi ? Etrange mardi.
Mardi matin quand je suis partie, j’ai fait un saut dans la nuit.
J’ai croisé ma voisine de palier et l’ai salué d’un « Bonsoir ». Un Bonsoir à 7h40 par un mardi matin. Je dis souvent « bonsoir » à la place de dire « bonjour » ou vice versa d’ailleurs mais c’est toujours mois grave. En réalité sous l’impulsion de certaines situations je dis beaucoup de conneries. Et vous savez quoi ? J’ai encore envie de tout lui mettre sur le dos, elle, l’Angoisse. Place de l’étoile, nez en l’air, j’ai faillit me faire renverser par un cycliste.
J’ai rejoint le tram, attrapé un métro et un 20minutes, puis me suis laissé bercer, regard vide, petite fille perdue, joues de poupée russe. Il y a ces garçons qui me regardent vous savez, ça me fait sourire, je suis un peu gênée. Il est 8h05, je passe la grille. […]
A 13h30, l’ambiance était des plus pesante, chaque minute qui passait me laissé entrevoir l’espoir qu’un jour je pourrais fuir cette salle de classe lugubre et ses airs d’hôpitaux froids. Tout était trop pâle, les murs et les tables comme les lumières. Un reste de tempête s’étant essoufflé dans l’ouest, s’évertué, à s’infiltrer dans les interstices des fenêtres mal isolées en des hurlements des plus glauques. Et ce silence… Non, vraiment, j’exagère à peine.
Il faudra tout de même qu’on m’explique ce que viennent faire deux heures de physique ( toute les 2 semaines soit ) dans notre programme ? Longueur d’onde, célérité, lentilles convergentes, synthèse additive ? Epargnez moi ça, quel charabia ! J’ai fuis la physique depuis trop longtemps déjà.
A 15h, l’expression plastique fut un vrai soulagement ! Pas d’action pour aujourd’hui mais le plaisir d’un cours sur les grands noms de la photographie. Je suis emballée.
Sonnerie. Il est 17h. Je passe la grille, traîne volontairement les pieds pour faire voler le tapis de feuilles dorées qui recouvre le sol. Tram. Message pour une PetiteFille. Pieds. Les bourrasques de vent, me font voler les cheveux dans le visage. Ebouriffée, je ne vois plus rien, mais ça me plait, m’inspire. J’aime le vent. […]
Claquement de porte, il est presque 18h, je vole le menu du bar du cinéma, très intéressant au niveau graphique que je lui explique, il me traite de cinglée, je fini par poser mes fesses dans le fauteuil du cinéma. Au menu ce soir, Little Miss Sunshine, un film que je vous conseil vivement, pour ma part j’ai adoré. L’histoire est absolument rocambolesque, les personnages très caricaturaux, et certains passages sont vraiment à se tordre de rire, parole de Cédille.
Bref. A 21h j’avais rendez vous pour une soirée en tête à tête avec mon pirate de Johnny. C’qu’il est bien ce Johnny. * petit sourire béat * ( Depp pas Hallyday, pour ceux qui n’auraient pas saisis ).
Une journée de plus dans la vie d’une Cédille.

Parfois j’culpabilise vous savez. C’est vrai, je pourrais écrire de grandes réflexions sur le monde, sur la société, sur les gens, et sur un tas de conneries, j’pourrais aussi employer des jolis mots, faire ma savante, j’pourrais écrire des poèmes, des nouvelles, j’en sais rien moi, quelque chose qui vous prouverais qu’en plus d’avoir deux yeux, j’ai quelque chose dans la caboche. J’me sens parfois un peu bête vous savez, un peu pas assez. Mais tout est relatif, c’est bien vrai. Je devrais peut être arrêter de me comparer à une certaine élite que je ne suis pas et que je ne serais jamais. Alors j’vais continuer à simplement vous raconter ma vie telle qu’elle est faite, mes sentiments, mes peurs, et mes exagérations… Ma vie n’est certes pas franchement passionnante mais elle a toujours le mérite d’être ma vie.

27 octobre 2006.
Strasbourg, fin octobre, la température extérieure avoisine encore les 20 degrés, le temps est déréglé. Les gens en profitent pour se prélasser sur les terrasses des cafés et moi je les observe. Un homme jouait de la guitare devant l’Odyssée. J’sais pas trop pourquoi, mais j’étais contente, contente peut être de voir que tous ces gens avaient l’air d’être heureux dans leur insouciance.
Nous sommes en réalité vendredi après midi et je suis en vacances. Bien décidée à profiter de mon temps libre je me suis lancée dans une tentative de shopping. Grave erreur. Il faut croire que je ne suis pas la seule en vacances. Les magasins étaient pleins à craquer de groupes de filles frangées, converses aux pieds… et ça jacasse… J’ai donc fuit chez Habitat. Habitat c’est du Ikea en beaucoup mieux, et en beaucoup plus cher surtout. Mais étant donné que plus tard je serai riche, je me meublerai entièrement chez Habitat et pourrai même me vanter d’avoir des meubles designés par des stars, le fauteuil de Carla Bruni, ou la table des Daft Punk ? Je dois encore me décider et puis pour l’instant, je suis plutôt panier percé.
J’ai envie que ça soit noël, et ça tombe plutôt bien parce qu’ils commencent déjà à installer les guirlandes en ville. Rien que pour moi ? C’est vraiment gentil.
Il fallait aussi que je vous précise aussi que les décorations de noël de chez Habitat sont vraiment sublimes. Voilà qui est dit !

L’art, l’art, l’art. Partout j’entend parler d’art. Aujourd’hui tout est art. Aujourd’hui tout le monde veut être artiste. Et vous savez quoi, ça me fait peur.




4 novembre 2006.
C’est extrêmement flatteur.
C’est extrêmement énervant aussi.
Sur le coup c’est le sang qui se glace, le cœur qui palpite, l’incompréhension, la surprise, la colère.
C’est dans cette colère que j’avais écrit, mais ceci ne doit pas apparaître ici.
Il faut apprendre de ses erreurs.

J’ai remis les pieds dans la petite ville à côté de chez moi. Je n’y vais plus souvent, je ne m’y sens plus chez moi.
En passant devant le lycée j’ai été prise d’une pointe de nostalgie. Il est toujours la, vieilles pierres, imposant, la porte massive en bois à l’entrée, et ces lettres d’or au dessus de cette dernière. Les travaux ne l’ont pas détruit. C’est toujours mon lycée. J’y ai passé de bons moments, autant que de mauvais, autant de sourires que de larmes versées, j’y ai rencontré des gens très bien, des gens moins bien… Trois années de vie, trois années bien remplies. Aujourd’hui je n’ai encore de contact qu’avec de rares personnes, beaucoup de noms que je surveille dans ma liste msn, mais avec qui je n’engage pas la conversation, des présences virtuelles, qui me rappèlent un passé commun. Jusqu’au jour où ils disparaîtrons.

Je ne vous apprend rien en vous disant qu’une semaine de vacance passe beaucoup trop vite. J’ai beaucoup travaillé, mais uniquement sur du travail personnel, et j’ai donc encore une montagne de boulot pour mes cours qui m’attend… J’ai entièrement refait Endless Fantasy, avec du code propre comme dirait mon prof. Le site est maintenant compatible sur tous les navigateurs. J’y ai intégré une galerie en flash, Picsengine, et j’ai d’ailleurs eu un peu de mal à l’installer, une histoire de CHMOD 777, on en apprend tous les jours. J’y ai passé plusieurs après midi et soirées, au final je suis contente du résultat.
Ah et je tenais aussi à préciser que la petite fille sur le tricycle entourée de sa famille dans la catégorie photographie, ce n’est pas moi mais ma mum’… Oui je sais, on se ressemblait beaucoup étant enfant.
Forte de ma lancée, je me suis pris une après midi supplémentaire pour enfin me faire une mise en page sur myspace ( ce que vous ne savez pas c’est que je suis inscrite depuis avril déjà… mais je n’avais jamais vraiment accroché au système… ), ça se passe par ici : http://www.myspace.com/echymose

Sinon vous avez aussi le droit de souhaiter un joyeux 2ans à ma Dark Room en ce lundi 6 novembre 2006 : )
J'en ai fait du chemin.
Et c'est par ailleurs aussi en ce lundi 6 novembre que je pars à Venise. 5h du mat' la boule au ventre, les mains qui tremblent.
J’ai du mal à imaginer Venise, je vous raconterais en mots, en photos, et peut être même en croquis qui sait ?