dimanche 31 décembre 2006

Je n'étais pas là




J’ai poussé la barrière qui bloque l’accès à l’étage et j’ai gravis l’escalier dans la pénombre. Le bois des marches grince sous mes pas. Ma main glisse le long de la rampe. Je me sens si grande dans cette cage d’escalier, trop grande. En montant c’est comme si je traversais un temps.
J’ai erré en silence de pièces en pièces, respirant la mort d’un passé. Aujourd’hui tout est froid et vide, la vie semble avoir fuit cet endroit. Le thermomètre indique 10 degrés, un frisson me parcours le corps. J’abaisse avec délicatesse les poignées métalliques, j’attend le déclic de l’ouverture, les portes grincent, le parquet craque, je m’approche de la fenêtre pour y dessiner un cercle de buée et m’assoie quelques instants sur le lit. J’ai l’impression de me trouver dans un musée. Je contemple l’endroit avec nostalgie, je fais le moins de bruit possible, comme pour ne pas déranger l’âme de l’endroit. Je me sens soudainement si insignifiante. Cette maison a un vécu, elle a vu grandir trois générations, elle en a vu se dérouler beaucoup d’histoires, mais aujourd’hui il ne s’y passe plus rien. Les conquérants que nous étions ont abandonné l’endroit, plus de parties de cache-cache, plus de spectacles déguisés, plus de cabanes de couvertures. Il n’y a plus de jeux, plus de sourires.
Ils parlent de vendre la maison le jour ou Elle ne sera plus. Ça me fait peur.
Je suis passée devant la chambre de ma grand-mère, je n’ai pas osé y entrer. Petite j’étais fascinée par son coffre à bijoux posé sur la vieille console en bois et surtout par ce magnifique pendentif en argent, très ancien. Je crois qu’il n’y a rien d’autre que ce pendentif que je souhaite un jour obtenir en sa mémoire. Il possède une valeur symbolique si forte pour moi, je ne l’explique pas, il La représente, Elle.
J’essaie de ne pas encore trop penser à ce temps là.


Théâtre de mes inepties, ce blog part à la dérive, à moi de maintenir le cap. Première bonne résolution. A l’avenir je m’en occuperais plus sérieusement, à l’avenir je ferais de plus jolies photos, à l’avenir, je ferais plus attention à ce que je raconte. Enfin, on va essayer tout du moins.
Un symbole me hante ces derniers temps, la clé, et ce n’est qu’un demi-hasard. Serrures dans la chaire humaine, passages secrets, portes dérobées. Il faut que je planche la dessus. Enfin, il faut que je planche la dessus parmi tant d’autres choses pour tout dire, et il est bien la mon problème, j’ai envie de me lancer dans un tas de projet, mais je n’arrive jamais à dépasser ce stade de projet. Deuxième bonne résolution : poursuivre mes ambitions jusqu’au bout.
Troisième bonne résolution : Ranger. Ranger, tout, partout. Ranger mon bureau, ranger ma chambre, ranger mes travaux, ranger mon armoire, ranger mon sac, ranger mes classeurs, ranger mes factures, et surtout et avant tout ranger mon cerveau, ranger mon coeur et ranger ma vie. Ranger pour plus de clarté, pour dégager le chemin, et savoir enfin où je suis, où je vais.
Hier soir, j’ai fini ma boite de Ferrero Rocher et croyez moi, j’en suis toute déboussolée. Résolution numéro quatre, faire une cure de désintoxication de chocolat, et de manière générale contrôler mes addiction, toutes mes addictions…
Bref, j’ai du mal à prendre des résolutions vous savez, et puis de toute façon ce n’est qu’un prétexte à la conversation, je sais très bien qu’il sera difficile de m’y tenir, car on ne change pas du jour au lendemain, mais petit à petit, tant que le but reste en tête, on avance.
Alors résolution numéro cinq, à la place d’attendre, Cédille, ça serait cool que tu avances.


En attendant il va falloir que j’aille me déguiser en Cédille pour passer la nouvelle année, haut noir, collier noir, eye-liner noir.
Fêtez bien, amusez-vous bien, et merci à vous de toujours être là.
En vous souhaitant une belle année 2007.

lundi 25 décembre 2006

Matin brumeux





Et j’attendais comme une gosse derrière les volets clôt. Je me suis prise à imaginer pendant quelques secondes qu’en les ouvrant j’allais découvrir un paysage recouvert d’un merveilleux manteau blanc. Mais comme vous pouvez facilement l’imaginer, ce n’était pas le cas, telle fut ma première déception du jour.
Aujourd’hui le ciel est gris.
Vous savez cette année je n’ai pas vu noël arriver. J’en suis un peu triste. Jusqu’à hier encore, je n’avais même pas l’impression d’être déjà au mois de décembre. Personne n’a vu noël arriver cette année. Est-ce en raison de ce climat déréglé ? Est-ce parce que j’ai encore un peu trop grandi ?
J’ai lancé FrouFrou et depuis je tourne à Archive, pour changer.
Pas de trêve de noël on dirait. Je flotte toujours sur une sorte de nuage instable. La situation a parfois quelque chose de grisant. Peut être que je ne sais pas trop à quoi je joue, que j’ai effectivement mal calculé les probabilités d’être percée à jour. Je n’aurais peut être jamais du dévoiler ce blog.
Ou est le bouton d’arrêt de la procédure ? Je n’aurais de toute façon pas le cran d’appuyer dessus.
Au delà des non-dits, tout le monde sait. J’essaie de mettre les éléments en relation, les mots en relation. Que d’histoires improbables, tout se mêle, tout s’emmêle.
Je suis resté une bonne partie de l’après midi avachie sur mon lit, au milieu de ma montagne de coussins. J’ai lu la moitié de l’Alchimiste, je veux comprendre qui est ce personnage, et tu as raison je crois, ça m’aide à comprendre. Je vois du sens dans toutes les phrases, je fais des parallèles avec ce que je sais de l’histoire. Légende personnelle pour voyageur perdu, j’espère que tu iras au bout. Et il y a cette histoire de Langage du monde, j’ai l’impression de parler ce langage sans paroles, ce langage basé sur le ressenti, sur l’écoute de tout notre environnement, un langage qui passe par l’observation, par le regard.
Je sais ou je vais sans vraiment le savoir.
Et hier soir ça lui a repris « je m’inquiète pour toi tu sais ». Merci c’est gentil, mais c’est plus maintenant qu’il faut s’inquiéter.
Mum’ et ses bons sentiments. Mum’ et sa conception obsessionnelle de la normalité. « Pourquoi vous êtes pas plus normal ? ». Et comment veux-tu qu’on se sente normal si t’arrête pas de dire à tes mômes qu’ils ne le sont pas ? Mum’ elle aime pas les choses pas normales, Mum’ elle aime pas les choses tordues, barrées, Mum’ elle aime pas ce qui sort de l’ordinaire, Mum’ elle comprend pas l’irréel, l’imaginaire, le fantastique.
En définitive, Mum’ elle est pas comme moi et ça elle refuse de le concevoir.
« Mais, toi, toi, toi, arrête un peu de me comparer à toi ! »
On connaît tous ce proverbe qui dit que les apparences sont parfois trompeuses. Je pense qu’on devrait y prêter plus souvent attention. Les apparences sont trop souvent trompeuses, les apparences cachent bien des choses. S’arrêter aux apparences revient souvent à passer à côté de merveilleux trésor.



Il est 01h00, nous sommes le 25 décembre et noël s’en ai déjà allé. Les assiettes, les verres, les bouteilles vides et les restes de bûche sur la table, témoignent tout comme les restes de papier cadeau sur le sol de la soirée de noël. Pas de souvenirs qui resterons en mémoire, une sorte de vide, comme si rien ne s’était vraiment passé.
Pas d’étincelles dans les yeux de Cédille cette année. Même pas eu envie de souhaiter un joyeux noël à qui que ce soit.
La père noël n’a cependant pas oublié de me rapporter quelques paquets.



samedi 23 décembre 2006

Dernière Piste




Les mains froides.
J'en suis arrivé à un point où je pourrais bloguer tous les jours je crois. Retour à la case départ ? Novembre 2004 et même pas encore de Cédille.
Je suis en vie.
Lundi, je lance les dés, la partie continue. Quelque part, j'attend et je redoute le game over, car fatalement, game over il y aura. Je ne suis qu'un pion sur l'échiquier, le genre de pion qui en premier lieu, vous paraît inoffensif, en premier lieu seulement. Alors, j'attend. Quelle est la suite des évènements ?
« Les rotrings faut les garder pour vacciner les mouches. » Dixit mon prof de studio.
J'me rend compte que je suis une privilégiée. Enfin, privilégiée ou pourrie gâtée ? ça reste encore à déterminer. Creative Zen V Plus c'est décidé.
Ne pas fêter noël ? N'est ce pas triste de ne pas fêter noël ? Et mon noël à moi, comment sera t’il ? Absence très certainement, oui, mon noël rimera avec absence. Des pièces égarées du puzzle de mon enfance ( ok, je vous l'ai déjà faite l'an dernier celle là. ).
Et puis j'ai oublié de manger le chocolat de mon calendrier de l'avant ce matin.
Le musée du jouet mécanique. A primabord le thème m'inspire, m'inspire beaucoup même, mais ce que je pond ne semble pas correspondre au sujet trop restrictif qu'est celui du musée. Musée, tu me fais chier. Moi j'y vois tout de suite du fantastique, de la magie, du théâtral mais non, sobriété est à l'ordre du jour et moi la sobriété je sais pas faire.
J'ai un univers, ah ça oui, j'ai un univers. Mais j'ai parfois l'impression qu'il me dessert. Je fais peut être pas les choses comme les autres, quand je suis inspirée je m'emballe, je fais un truc à moi, bien à moi. « J'ai l'impression que tu fais des choses uniquement pour te démarquer de tes petits camarades ». Bam. J’ai pas trop compris.
Je fais pas exprès, je fais moi, je fais mes images, je fais et c'est tout.
On nous demande de nous cultiver, de regarder pour avoir matière à s'inspirer. Je regarde beaucoup, et ce que je regarde construit mon univers.
J'aime pas les contraintes qu'on m'impose, tous ces freins à la créativité.
Bref.
J'ai installé un démineur sur mon mac. « Pour ta gouverne jeune homme, sache qu'il n'y a pas de démineur sur un mac ». Maintenant tu pourras lui dire que si. Bande de Gep en rébellion.
Trop de virtuel, tue le réel. Un peu confuse.
Cédille est petite, toute petite, et elle aime bien qu'on s'occupe d'elle, et ça tombe bien parce que cette année les gens s'occupent plutôt bien d'elle.


Mardi. Y’a un truc pas évident à gérer la.
Mardi. Un jour plus bleu, plus drôle à voir, il paraît.
« L’autre jour j’ai regardé Pulp Fiction à 3h du mat’ en mangeant des pâtes et c’était trop bon ». M. , la fille qui avait les yeux qui font FlopFlop.
Plutôt drôle ? Etrange encore une fois, court encore une fois, bien encore une fois ?
Cédille tu devrais parfois arrêter de jouer les petites filles.
J’aime ou j’aime pas ? J’aime je crois.
Aujourd’hui j’ai mangé des pâtes et de l’escalope chez petit Byakki et il faut que je vous dise que c’était féerisime. « - Ça existe pas féerisime ! – C’est pas grave ! » Voilà qui est dit. Non, sincèrement ce fut bon : )
J’ai eu une jolie boite remplie de chocolats avec un couvercle rouge, pour aller avec mon zap book rouge, mais pour le coup j’ai encore du engraisser avec tous les bonbons qu’on a avalé.
J’aurais beaucoup de choses à dire. Ici n'est pas le lieu. Tu sais tout le bien que je pense de toi.
Jaime le mardi?
Je hais le mardi?
Retour à la réalité.
En physique j’ai dormi deux heures sur ma table. Je me perdais dans le texte des photocopies, les mots m’avalaient, j’avais l’esprit qui sombrait dans une sorte de néant.
Trouble jeu.
J’aimerais, mais euh… non, je… je crois que… non.
Bon maintenant je dois avoir le motif de mes bracelets imprimé sur ma joue.
Petit prince sans écharpe vient de m’effrayer.
M. colorie, imperturbable, notre poisson réversible en bleu.
Moi je me cache derrière le rempare d’écharpes créé pour l’occasion. On chuchote à l’abris. Le prof m’a entrevu un instant, le temps de me lancer un regard assassin. « Dis, ça va ? t’es pas morte ? ».
Et puis ça recommence. C’est comme si j’avais une sorte de coque plastique qui m’entour. Le monde ricoche dessus, les murs, les gens, tout me paraît si lointain. Elle m’isole et je m’isole. Recroquevillée sur mon tabouret, j’observe, absente, invisible, si transparente.
J’aime pas quand je n’existe pas. Mais le problème c’est que je ne peux pas exister quand 30 personnes sont autour de moi, même 10, même 5…
Je me cache et j’attend. Quelle est la suite des évènements ?
Et je m’imagine funambule sur la piste aux étoiles en plein déséquilibre. Un tourbillon m’emporte.
« J’ai vu des étoiles ». J’veux bien te croire : )
« Princesse ! » On me rattrape.
- Je marche sans regarder ou je vais.
- C’est un truc à se prendre des poteaux dans la gueule ça !
- Ça m’est encore jamais arrivé… enfin si, des poteaux invisibles, ouais des poteaux invisibles j’ai du m’en prendre un paquet.
- Et ça fait mal ?
- Souvent.

Mercredi. Je suis rentré avec une envie de Tiersen. J’ai lancé Tiersen et j’ai virevolté au milieu de l’appartement désert, pour me défouler un bon coup. C’était un moment à Tiersen je crois. La faute à Foutaises peut être. Comptine d’été n°17.
Les mots au stylo se sont doucement effacés de la paume de ma main. « Bien » n’est plus, il ne reste plus que des traces de « photo », « téléphone » et « mal ».
Et quelque part, c’est comme si j’attendais de trouver une faille dans laquelle m’engouffrer.
J’aime bien m’asseoir, fermer les yeux et écouter. Percevoir les gestes qu’on ne peut voir, déceler les expressions du visage aux intonations de la voix, et se noyer dans la musique, surtout.
J’aime pas quand on allume brutalement la lumière alors que mes yeux sont habitués à l’obscurité. Pendant quelques dixièmes de seconde votre vision est totalement brouillée, puis vos yeux s’habituent à cette nouvelle clarté. A chaque fois j’ai l’impression qu’on me sort brutalement de mon sommeil.
LolliPop dessine des châteaux pour princesse. Regards en coin, l’air de rien.
« - C’est quoi ? » « - Une œuvre d’art ! »


Jeudi. Bug. Assise les bras croisés sans bouger. Je suis fatiguée ce matin, c’est un peu de leur faute. Insomniaques NetAddict. Goûté Gep/Mma, comme pour effacer la scission. Fraises tagada, Gâteau Vert, Cookies, et Ice Tee, merci.
Je crois qu’aujourd’hui était un bon jour, et en définitive, les bons jours j’ai souvent pas grand chose à raconter.
Et puis j’ai balancé ma club internet box par terre à cause d’une crampe dans mon mollet gauche mais ceci est une autre histoire.

Vendredi. Le plus bleu, le plus drôle.
Vendredi. Le dernier, le plus beau.
J’ai franchi pour la seconde fois cette semaine, le seuil de ta porte.
« Pourquoi quand je suis chez toi j’ai plus envie de repartir ? ». Il y a des gens avec qui on est bien.
Histoire de regards. Pas un mot de plus.
C’était bien.


lundi 18 décembre 2006

Zap Book





Vendredi. Blog indisponible ? Bon ok, je repasserais demain, petit problème de serveur. Samedi. Toujours rien ? Vous en êtes bien ? Inquiétude. Serveur mort qu’il m’explique Fab, paraît que tout est sauvegardé, n’empêche que moi je flippe. Dimanche je pensais réellement avoir tout perdu. Et puis lundi le blog de Fab et de Kim sont réapparus, puis le mien à son tour dans la soirée. La redirection vers dotclear est morte mais l’essentiel c’est que rien n’est perdu : )
Voilà, soulagée la Cédille. Ah et puis sinon j'ai le net en semaine maintenant, oui c'est cool, je sais : )

Sinon, comme je suis sur que ça vous a terriblement manqué vous avez droit au récit chiant de ma semaine passée : )



Dimanche. Dorénavant, j'écrirais ici, dans mon zap book rouge, fini les feuilles volantes. Un carnet pour enfin tout regrouper, pour tous les blabla débiles au fil de mes journées.
Avec Lui, on est allé voir Paprika. La salle était presque vide et j'aime les salles de cinéma presque vides, cette délicieuse impression que le film ne se joue que pour nous. Il y avait par la quelques couples, quelques âmes solitaires et des couples âmes solitaires, nous en quelque sorte. Paprika, c'est une profusion d'images, une profusion d'idées, du rêve mêlé à la réalité. J'étais inspirée.
Le thème du mélange de l'irréel et de la réalité est omniprésent autour de moi ces derniers temps. Je pense que quelque part c'est un thème qui m'est propre. Rêve et réalité. Irréel et réalité. Virtualité et réalité. Jusqu'ou pourrons nous aller ? Je rebondi ici sur eXistenZ, un film qu'il m'a montré et qui explore ce mélange virtualité et réalité jusqu'à en perdre totalement les limites. A voir.
Je crois que la réalité rattrape peu à peu la fiction. Je t'imagine te dandinant devant ta Wii.
Le rêve est une chose qui me fascine, pour la fuite du réel justement, pour l'évasion de l'esprit, pour tout le monde imaginaire qui s'y construit, car dans les rêves, tout est possible tout est réalisable. Et si les rêves devenaient réalité ? Je parle des rêves de notre inconscient, notre vie serait assurément plus pimentée.
Je suis la princesse des rêves il m'a dit.
Certaines personnes parlent trop, et pour ne pas dire grand chose. Mais je crois qu'on pourrait retourner le problème, et si c'était tout simplement moi qui parlait trop peu ?
Chassé croisé. Un regard au travers de la vitre du tram, un sourire sur le quai d'en face. Ils vont dans un sens, je vais dans l'autre. Cette semaines nous ne sommes que seize. Nos GEP, ou graphisme, édition, publicité, ou encore graphistes print, sont en stage d'une semaine. Il va y avoir un vide, un gros vide même. Certaines personnes sont nécessaires au bon équilibre de la classe, à mon équilibre ? Je crois qu'on pourrait parler de notion de manque, manque de vous.
Depuis quand je m'attache aussi facilement aux gens moi ?


Lundi. Certes, la vie est une chose bien étrange, mais elle est avant tout et surtout si éphémère. Alors aussi laide qu'elle puisse être, vous n'avez pas le droit de la quitter.
Je ne peux juger ce dont je ne sais rien, alors je ne jugerais pas, je reste là en spectatrice non impliquée mais très touchée. J'aimerais comprendre je crois, parce que je suis peut être en mesure de comprendre, ou, peut être pas, c'est vrai. Quelque part ça m'effraie qu'on puisse aller aussi loin dans la souffrance, dans les menaces.
Souffrir et faire souffrir voilà bien le propre de l'humanité.
Il est 17h, il fait nuit noire, je monte dans le tram, m'assoie à côté de la fenêtre, et m'oublie. Je sors de mon coma quelques minutes avant d'atteindre l'étoile.
Le modem est arrivé, mais la ligne n'est pas encore raccordée. Je désespère.

Mardi. La salle est froide et silencieuse. Seize.
C'est un bel instant la nuit, mais il ne faudrait pas qu'elle dure une éternité, l'essentiel c 'est d'un jour apercevoir le levé du soleil. J'y crois moi, et toi ?
Le temps salé coule sur mes joues. Le battement des ailes d'un papillon, et le monde qui s'écroule. Je l'ai giflé. Comme quoi…
J'efface les traces et tout disparaît.
L'attente. Mais l'attente de quoi dites moi ? Du lendemain ? Du surlendemain ?
Nous sommes tous tout seul, tous perdus, tout échoués, tous à la recherche d'un idéal qui n'existe pas et n'existeras jamais.
Le bonheur. J'attend avec impatience de connaître vôtre perception du bonheur. Le bonheur c'est si abstrait.
Et blottie dans ses bras le monde entier n'existe plus. Je me sens comme une enfant, je me sens une sûreté. J'ai les pieds contre le radiateur, la tête contre son torse. J'entend son cœur qui bat. Bulle.
Je ne sais jamais comment réagir face à la tristesse des gens. Je m'efface, je ne pose pas ces questions qui me brûlent les lèvres, par respect je crois. Sachez que je suis là.
Et puis en bon étudiants que nous sommes, on est allé manger des pâtes chez M. On mangé des pâtes, des curly et des bonbons, on a parlé et rigolé, on a vadrouillé sur cette petite merveille qu'est internet et c'était bien.


Mercredi. Bonjour la Fac. J'ai mis les pieds dans un amphi pour la première fois de ma vie. Cours de math. Dérivées, intervalles, limites, et blablabla, que de choses barbares. Dans l'amphi tout était bruyant, on s'est installé discrètement tout au fond, et puis l'amphi s'est mis à chanter Joyeux Anniversaire à Mr.Rubio. Mr.Rubio c'est le petit bonhomme sur l'estrade là-bas, qui s'égosille dans son micro.
Fut un temps ou j'étais matheuse, alors j'ai fait un calcul extrêmement savant : 5x8x2=80 et 10x10=100 au final 100+80=180. Nous sommes donc environ 180 dans cet amphi, vous avez le droit de m'applaudir, bien sur.
J'ai mal aux oreilles, je ne suis pas habituée à ce niveau sonore. L'amphi était rempli de gens, de gens au sens large du terme, comme la fonction f croissante au sens large du terme. Les gens sont bruyants généralement, alors souvent, j'aime pas les gens.
J'ai griffonné dans mon carnet, j'ai pas vraiment écouté ce qui se raconté, être en art appliqué ça vous atrophie sérieusement le cerveau. J'me sens bête parce que j'ai oublié ce qu'est un logarithme népérien. C'est quoi un logarithme népérien ? Ln (x) euhh oui mais encore ? Bref passons.
La fac d'économie gestion est belle, belle architecturalement parlant, de chouettes matériaux, architecture métallique, câbles de l'ascenseur visibles, panneaux de bois troués, murs de briques rouges, verrières au plafond, de grand espaces lumineux, le tout vraiment bien articulé.
C'était sympa.
J'ai pris le tram à l'Esplanade, et vraiment, je suis bien contente de pas être sur l'Esplanade, parce que l'Esplanade c'est comme les amphi, c'est peuplé de gens, et moi j'étais écrabouillée contre la vitre du tram par une bande de pouf et j'aime pas ça : )
A Broglie je me suis arrêté au Christkindelsmärik. J'ai mangé une bretzel, puis j'ai sorti Arthur. J'ai bavé un bon coup devant toutes les sucreries, respiré l'odeur des sapins et du vin chaud, été émerveillé devant les jouets en bois, et quelque peu amusée par les gens qui achètent des hideux décors de noël totalement kitch. J'ai vadrouillé autour de la cathédrale, je ne sentais plus mes doigts, congelés. Puis je me suis aventurée dans des ruelles inconnues, j'ai marché sans savoir ou j'allais et c'était fort bien.
Je suis tombée sur une brocante de vieux objets absolument sublimes, mais aussi extrêmement cher, 200euros la chaise euhhh, oui je vais y réfléchir. Au détour des ruelles désertes vous croisez des visages solitaires, des couples déjà âgés, des touristes égarés. J'aurais voulut tout figer. Puis je suis retournée à la civilisation.
Bon sinon fallait que je recopie ça parce que quand même hein. « Ceci est un message de soutien à l'attention de Cédille. Chaque jour avec LolliPop Info, luttez contre votre mal du net, vous pouvez également acheter des patchs « cybercafé » ou prendre votre mal en patience, quel que soit votre choix, nous sommes avec vous jusqu'au bout, prochain message demain sauf résiliation de contrat, attention ce service peut faire l'objet d'une addiction, n'hésitez pas à venir nous voir en agence, recevez nos sincères bisous ;) ». Non vraiment, y'a des gens merveilleux sur cette planète : )
And tonight I hate birds, I hate birds, I hate birds… Merci.



Jeudi. Manque persistant. Ce matin le ciel était en feu.
On travail actuellement sur la conception d'un minisite plus bannière en flash pour les croisières Costa en Arctique et Antarctique. En réalité, il est toujours très difficile de travailler en studio de création.
Aujourd'hui je crois que ça allait bien, que les gens allaient bien, et puis j'allais bien, en définitive c'était bien.
Les petites attentions sont toujours les plus touchantes, je ne cesserais jamais de le répéter, mais vraiment vous me comblez, m'émerveillez. Merci.
Et ça y'est je cherche les raccourcis mac sur mon pc. Aidez moi !


Vendredi. Ce matin le macadam était parcouru de millions de paillettes. Il a gelé pour la première fois en ville cette nuit.
Une odeur d'essence de térébenthine dans l'air sur fond de Goldfrapp, bienvenu en cours d'expression plastique. C'était à proprement parlé le chantier. J'aurais voulut vous photographier ça. Des feuilles de différents papier, des gribouillis, des tubes de peintures, des craies, des pots d'eau, des magasines, des crayons, des stylos, des bouteilles de diverses produits pour diluer la peinture, enfin bref, un bordel monstre, partout, partout, partout.
J'ai fait un dessin un peu sombre, en rouge et noir.
« C'est l'anti-chambre de l'enfer ? »
Euh… non. Mon subconscient peut être.
Et on reste la, le temps en suspend, à se regarder, juste se regarder, et il y a quelque chose, quelque chose qui se passe.


samedi 9 décembre 2006

Allusions et Illusions




J’ai fusillé mon reflet du regard pendant 30 secondes, le temps de monter au 3ème, puis je me suis retourné et j’ai poussé la porte métallique.
J’arrive à reprendre l’ascenseur seule ces derniers jours. J’ai oublié ma peur.
J’avais envie de dire merde à l’humanité. Qu’est ce que j’aurais du faire hein ? Lui foutre une raclée au beau milieu du tram ? ça me ressemble que trop peu, et c’est d’ailleurs fort dommage. Je hais les vieux pervers, la cinquante, qui s’approchent de vous doucement jusqu’à ce que vous soyez collé contre la vitre du tram, et qui discrètement font tomber leur main sur vôtre cuisse.
Ça me dégoûte.
Dans le tram, les gens font peur, souvent.
Nous sommes mardi après midi et dans le ciel, les nuages sont tristes.
J’ai le regard vide et quelque part je suis un peu vide. Je fixais le paysage sans même le voir défiler. Dans le tram je réfléchi, dans le tram je comprend, dans le tram je me parle.
Le texte m’a parlé, je me suis senti coupable, à tort. Je sais combien il en faut peu pour être malheureux. Je suis impuissante face à ce cercle vicieux.
J’aimerais être libre, m’affranchir de mes barrières, me laisser vivre. Ne plus me demander sans cesse « mais que vont-ils penser ? ». J’aimerais être impulsive, je crois, ne plus me poser de questions, surtout. Je suis trop cérébrale. Je regarde les gens vivre, évoluer, échanger. Et moi, qu’ai je à échanger ? Des instants silencieux, un sourire timide et quelques paroles.
Je ne sais pas si tu te rend bien compte de l’importance que tu as pris. Moi ça m’effraie. C’est vrai que le riz était un peu dur mais je ne t’en tien pas rigueur, ce qui compte c’est l’instant.
J’aime plonger dans l’univers d’une personne, ce qui fait qu’elle soit cette personne, cette personne unique.
Attachant ? Je suis attachée.
Je mange beaucoup de madeleines, de chocolat, et de bonbons. J’engraisse. Bouffer me fait du bien, ça m’occupe. L’après Venise est déjà loin.
En parlant de Venise, j’aimerais revivre Venise. Ou peut être continuer Venise ? Ou encore continuer à rouler en bus, longtemps, pour échouer ailleurs, mais ailleurs c’est tout ce qui compte, pas ici, dans cette salle de classe. Venise, m’émerveiller, me laisser vivre et profiter. Merci Venise.
J’ai les mains froides. Mes mains sont toujours froides. Je suis rentré à 15h, j’ai dormi jusqu’à 17h puis de 18h à 20h. J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Je crois que j’étais vraiment épuisée.
Je guète tous les soirs ma boite aux lettres qui reste toujours désespérément vide. Mais quand arrivera ce foutu modem ? Je m’impatiente sérieusement.




Mercredi matin, c’est grasse matinée. Certains dorment trop peu, moi j’ai l’impression de dormir beaucoup trop. J’ai fait quelques photos des expressions de mon visage, je ne peux m’empêcher de faire mille et une mimiques quand je parle.
Je passerais certains faits sous silence histoire qu’on ne me rigole pas au nez. Au nez de ma connerie profonde. Merci.
J’écoute encore Archive. C’est vraiment bien Archive.
Au jeu des allusions on fini par se nourrir d’illusions. Tout est codé autour de moi, tout le monde joue avec les mots, c’est à qui fera le texte le plus compliqué et à la fois le plus compréhensible.
Je me perd au milieu des mystères, de ces labyrinthes de mots abstraits et impalpables. J’attend le concret, les réponses, mais il y a en même temps quelque chose de tellement palpitant dans ce flou qui m’entoure.
J’ai l’impression d’être si loin de tout, si loin du monde… sans internet.
J’ai tendance à écrire, tout le temps, à longueur de journée, et très souvent sur des feuilles volantes. Mon trieur et ma pochette, sont bourrées de notes personnelles, parfois trop personnelles, le genre de choses que je ne publierai pas ici. Et aussi forte que je sois je m’arrange pour les perdre… mais où sont-elles passées ? glissées de mon trieur sur le sol de la classe ? ou encore pire, données à la prof avec les feuilles de mon exposé ? J’ai envie de disparaître six pieds sous terre. Je détiens vraiment la palme d’or du boulet.



Jeudi matin j’ai oublié ma pochette à dessin. J’ai du faire tout le trajet en sens inverse. J’étais frigorifiée et complètement blasée. Je crois que j’aurais aimé rester assise dans l’ancien tram. J’ai traversé le pont, la surface de l’eau était recouverte de feuilles dorées, les rayons du soleil venaient me chatouiller le visage. J’aurais voulut ne pas m’arrêter, rester assise ici toute la journée à regarder les gens passer et totalement m’oublier.
Je suis paradoxale. Je suis une personne solitaire, la plupart du temps je m’en accommode très bien, mais parfois j’aimerais autant ne pas l’être, parfois je me sens trop seule, trop invisible, trop rien, et ça me rend triste.
L’après midi j’ai été attaquée. Elles viennent sans crier gare. Alors je lutte pour ne pas les laisser s’échapper. Mais c’est pas facile. Et rien n’est vraiment facile. Cette présence, cette absence, cette fausse solitude.
J’ai du mal à comprendre la souffrance de certains, mais est-ce que je comprend seulement la mienne ? Nous sommes tous les comédiens de notre propre tragédie. Et quelle tragédie, laisse moi rire. Il n’y a pas de tragédie, il n’y a plus de tragédie, ça fait trop longtemps que la pièce est finie, le rideau est tombé, mais je n’ai jamais réussi à me défaire de mon personnage un peu trop bien interprété. Ça doit être ça en fait. On y prend goût à ce rôle de maudit, pour lui, comme pour elle, comme pour nous tous.
Je suis si lucide et pourtant ma lucidité ne m’empêche pas de me comporter au contraire de ce qu’elle me dicte.
Je suis cyclothymique. Ça va, ça vient, ça va pas, ça va bien.
Mon esprit n’est pas présent. Je répond aux abonnés absents.
C’est étrange comme sentiment. Ça fait plusieurs fois que ça m’arrive ces derniers temps. Je ne sais pas si les gens se rendent vraiment compte de ce qu’ils font. Bien entendu je suis flattée que l’on puisse se retrouver à ce point dans ce que j’écris. Mais ce qui me gène c’est que ce sont mes mots et mes mots ont une histoire, ils racontent mon histoire, il ne sont pas ici par hasard, ils parlent de personnes qui m’entourent, de sentiments qui me sont inhérents, de situations que j’ai vécu. S’approprier mes mots c’est un peu s’approprier mon histoire, c’est étrange c’est tout. Essayez de comprendre.
Et surtout, ne signez plus de vôtre nom.
Je suis une petite fille. Je rêve encore de magie, de contes de fées, de monstres cachés sous mon lit, de princesses, de dragons, de lutin, d’elfes et de sorciers, de château, de baguette magique, d’étincelles, je rêve de rêve. J’ai grandi, mais je sais que j’ai su garder mon âme de petite fille. Quelque part, j’ai toujours voulut vivre partout, sauf dans la réalité.
C’est la fuite dans un escalier sans fin, des mains accrochées aux barreaux, une vague qui me submerge, des nuages qui défilent à 100 à l’heure, les phares des voitures qui laissent des traînées lumineuses, une feuille en suspension dans l’air, une marche les yeux fermés, un ascenseur jusqu’au ciel, de la peinture sur les doigts, des traces de pas dans un couloir froid, de l’eau qui dégouline le long de mes cheveux, un couteau à la main, une chemise de nuit blanche, c’est le chaud et le froid, la peau et le froid, le sombre et le clair, des rayons de lumières qui s’infiltrent au travers d’une fenêtre brisée, le souffle du vent qui tourne les pages d’un vieux livre, la poussière qui se dessine dans la lumière, le parquet qui grince, le vent dans de vieux rideaux… ce sont des images.



Carte de voeux pour le lycée. Vous m'excuserez mais j'ai rien de plus intéressant à vous montrer…

Et puis ce matin, les nuages étaient joyeux.
Je me suis laissée prendre au jeu. A notre jeu. [ ... ]


samedi 2 décembre 2006

Petites Boites







clic !

Il y a certaines séances où je sais déjà tout, d’autres où je sais déjà presque tout. C’est dans l’ensemble toujours assez problématique. Je sais, mais paradoxalement je n’arrive pas à le montrer, à répondre à ces questions posées, pourtant si évidentes.
J’ai trop vite apprivoisé Dreamweaver, même si par ci par là, j’ai toujours mes vieux réflexes de bidouilleuse de code. J’attend que Flash se dresse devant moi, une interface que j’ai déjà testée, mais jamais maîtrisée, bientôt il sera dompté je l’espère. En trois mois, ils auront appris ce que j’ai mis trois ans à comprendre par moi même : Le fonctionnement du web dans sa globalité. J’en suis presque jalouse.

J’ai le livre dans le creux de ma main, au bout de mon bras étendu. Je ne peux m’empêcher de le percevoir comme une sorte de relique, un objet de valeur, un livre de vécu, aux coins cornés et l’odeur de vieux papier. Jolie histoire que la tienne, revécue en un regard. Merci pour tout.

J’vois pas le monde tourner comme je l’aimerais. Ma vision est penchée, le monde reste droit. La tête posé sur mon bras gauche. J’entend le glissement des feuilles de papier, une voix grave qui chuchote au fond de la classe, quelques pas qui claquent sur le sol, une porte qui s’ouvre, une porte qui se referme. Quelques chaises qui glissent bruyamment sur le sol. Des feuilles de papier qu’on met en tas, quelques paroles. Le volume sonore augmente doucement. Ma voisine soupire, la table tremble doucement. Doucement. Une question. Des feuilles qui glissent toujours, puis le silence retombe. Des pas à nouveau. La plume de ma voisine gratte le papier, mon bic noir glisse sur ma feuille. Je sens les plis de ma manche s’imprimer sur ma joue. Ils sortent de la salle. Et moi ? J’écris. Un rire. Pourquoi ? Les lumières s’éteignent, les lumières s’allument, les lumières s’éteignent, les lumières s’allument. Un chuchotement. Des silhouettes se déplacent. J’écoute l’imperceptible. J’écoute ce qu’ils n’entendent pas. Les sons résonnent au creux de mon oreille gauche. J’en ai assez. Je vais prendre ma pause. Fin de la conversation.


- Quelqu’un qui fait de la photographie et qui écrit ?
- Cédille !
Ah oui, c’est vrai, Cédille.
Cédille m’a bouffé jusqu’à la moelle. N’empêche que je suis de près cette histoire de journal.

J’aime pas les classements, les stéréotypes, toute notion de norme. J’ai appris à m’en défaire tout autant en ce qui me concerne qu’en ce qui concerne les gens. J’essaie de voir plus loin que les apparences, c’est l’âme que j’apprécie avant tout.
Différences hommes/femmes ? Je ne sais pas. Je n’ai pas envie d’y voir une différence. Je sais lire une carte routière mais je sais aussi faire plusieurs choses à la fois. On est tous un peu homme, tous un peu femme.
Ce que je voulais surtout dire, c’est que les hommes sont fragiles. Les hommes qui m’entourent sont fragiles et ça me touche beaucoup.

Studio de création. Je machouille des bonbons allongée sur ma table. Fraises tagada et loops, oui il fait bon être en art appliqué. Pourquoi ai-je toujours l’impression d’être au sommet de mon inutilité ?
J’ai pas trop la tête à travailler. J’ai vadrouillé toute l’après midi sur internet.
Je suis un peu las, je me sens un peu seule, je me sens un peu autre. J’aimerais m’endormir sur cette table et rejoindre mon monde.
J’ai l’impression de voir ce qu’ils ne voient pas.
Je ne participe pas à cette conversation de filles. Pourquoi ?
Je ne fais pas comme il faut. J’aime pas faire comme il faut.
J’ai parfois envie de maudire la tournure que prennent les évènements. Mais quels évènements déjà ?
Et puis ils sont tous sortis et le silence est tombé.


J’ai avalé mon énorme gaufre au nutella au pied de la cathédrale. Je m’en suis mis partout. Il y avait les gens autour, j’étais contente d’être là, j’étais contente qu’ils soient là, même si on était peut être trop à mon goût.
La ville est illuminée de mille et une lumières, de mille et un décors. C’est très beau. Il faut que j’y retourne seule pour y prendre des photos correctes.
On a un peu vadrouillé, puis on a fini par atterrir dans un bar. La soirée ne s’est pas achevée bien tard.
A l’appart il y avait du Björk, un ordinateur portable posé sur la table, une télévision qui tourne sans le son et une forte odeur de cigarette. J’étais contente de te recroiser. Lui aussi.
Et allongée sur ma couette Ikea j’ai fermé les yeux.

- Vous êtes musiciens ?
On rencontre parfois de drôles de personnes dans le tram, de vrais personnages. La scène fut assez amusante, intemporelle. Un homme noir, un peu bavard, qui écoute du Björk qui vit à Erstein et aime venir à Strasbourg s’est assis en face de nous. Il a parlé.


Nous sommes vendredi 1er décembre, il est 16h, j’ai ma pochette sous le bras et ma semaine s’achève sur un clin d’œil plein de mystère.