samedi 2 décembre 2006
Petites Boites
Il y a certaines séances où je sais déjà tout, d’autres où je sais déjà presque tout. C’est dans l’ensemble toujours assez problématique. Je sais, mais paradoxalement je n’arrive pas à le montrer, à répondre à ces questions posées, pourtant si évidentes.
J’ai trop vite apprivoisé Dreamweaver, même si par ci par là, j’ai toujours mes vieux réflexes de bidouilleuse de code. J’attend que Flash se dresse devant moi, une interface que j’ai déjà testée, mais jamais maîtrisée, bientôt il sera dompté je l’espère. En trois mois, ils auront appris ce que j’ai mis trois ans à comprendre par moi même : Le fonctionnement du web dans sa globalité. J’en suis presque jalouse.
J’ai le livre dans le creux de ma main, au bout de mon bras étendu. Je ne peux m’empêcher de le percevoir comme une sorte de relique, un objet de valeur, un livre de vécu, aux coins cornés et l’odeur de vieux papier. Jolie histoire que la tienne, revécue en un regard. Merci pour tout.
J’vois pas le monde tourner comme je l’aimerais. Ma vision est penchée, le monde reste droit. La tête posé sur mon bras gauche. J’entend le glissement des feuilles de papier, une voix grave qui chuchote au fond de la classe, quelques pas qui claquent sur le sol, une porte qui s’ouvre, une porte qui se referme. Quelques chaises qui glissent bruyamment sur le sol. Des feuilles de papier qu’on met en tas, quelques paroles. Le volume sonore augmente doucement. Ma voisine soupire, la table tremble doucement. Doucement. Une question. Des feuilles qui glissent toujours, puis le silence retombe. Des pas à nouveau. La plume de ma voisine gratte le papier, mon bic noir glisse sur ma feuille. Je sens les plis de ma manche s’imprimer sur ma joue. Ils sortent de la salle. Et moi ? J’écris. Un rire. Pourquoi ? Les lumières s’éteignent, les lumières s’allument, les lumières s’éteignent, les lumières s’allument. Un chuchotement. Des silhouettes se déplacent. J’écoute l’imperceptible. J’écoute ce qu’ils n’entendent pas. Les sons résonnent au creux de mon oreille gauche. J’en ai assez. Je vais prendre ma pause. Fin de la conversation.

- Quelqu’un qui fait de la photographie et qui écrit ?
- Cédille !
Ah oui, c’est vrai, Cédille.
Cédille m’a bouffé jusqu’à la moelle. N’empêche que je suis de près cette histoire de journal.
J’aime pas les classements, les stéréotypes, toute notion de norme. J’ai appris à m’en défaire tout autant en ce qui me concerne qu’en ce qui concerne les gens. J’essaie de voir plus loin que les apparences, c’est l’âme que j’apprécie avant tout.
Différences hommes/femmes ? Je ne sais pas. Je n’ai pas envie d’y voir une différence. Je sais lire une carte routière mais je sais aussi faire plusieurs choses à la fois. On est tous un peu homme, tous un peu femme.
Ce que je voulais surtout dire, c’est que les hommes sont fragiles. Les hommes qui m’entourent sont fragiles et ça me touche beaucoup.
Studio de création. Je machouille des bonbons allongée sur ma table. Fraises tagada et loops, oui il fait bon être en art appliqué. Pourquoi ai-je toujours l’impression d’être au sommet de mon inutilité ?
J’ai pas trop la tête à travailler. J’ai vadrouillé toute l’après midi sur internet.
Je suis un peu las, je me sens un peu seule, je me sens un peu autre. J’aimerais m’endormir sur cette table et rejoindre mon monde.
J’ai l’impression de voir ce qu’ils ne voient pas.
Je ne participe pas à cette conversation de filles. Pourquoi ?
Je ne fais pas comme il faut. J’aime pas faire comme il faut.
J’ai parfois envie de maudire la tournure que prennent les évènements. Mais quels évènements déjà ?
Et puis ils sont tous sortis et le silence est tombé.

J’ai avalé mon énorme gaufre au nutella au pied de la cathédrale. Je m’en suis mis partout. Il y avait les gens autour, j’étais contente d’être là, j’étais contente qu’ils soient là, même si on était peut être trop à mon goût.
La ville est illuminée de mille et une lumières, de mille et un décors. C’est très beau. Il faut que j’y retourne seule pour y prendre des photos correctes.
On a un peu vadrouillé, puis on a fini par atterrir dans un bar. La soirée ne s’est pas achevée bien tard.
A l’appart il y avait du Björk, un ordinateur portable posé sur la table, une télévision qui tourne sans le son et une forte odeur de cigarette. J’étais contente de te recroiser. Lui aussi.
Et allongée sur ma couette Ikea j’ai fermé les yeux.
- Vous êtes musiciens ?
On rencontre parfois de drôles de personnes dans le tram, de vrais personnages. La scène fut assez amusante, intemporelle. Un homme noir, un peu bavard, qui écoute du Björk qui vit à Erstein et aime venir à Strasbourg s’est assis en face de nous. Il a parlé.

Nous sommes vendredi 1er décembre, il est 16h, j’ai ma pochette sous le bras et ma semaine s’achève sur un clin d’œil plein de mystère.
Rédigé par Cédille, le samedi 2 décembre 2006 à 16:29 :: #44





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