J’ai fusillé mon reflet du regard pendant 30 secondes, le temps de monter au 3ème, puis je me suis retourné et j’ai poussé la porte métallique.
J’arrive à reprendre l’ascenseur seule ces derniers jours. J’ai oublié ma peur.
J’avais envie de dire merde à l’humanité. Qu’est ce que j’aurais du faire hein ? Lui foutre une raclée au beau milieu du tram ? ça me ressemble que trop peu, et c’est d’ailleurs fort dommage. Je hais les vieux pervers, la cinquante, qui s’approchent de vous doucement jusqu’à ce que vous soyez collé contre la vitre du tram, et qui discrètement font tomber leur main sur vôtre cuisse.
Ça me dégoûte.
Dans le tram, les gens font peur, souvent.
Nous sommes mardi après midi et dans le ciel, les nuages sont tristes.
J’ai le regard vide et quelque part je suis un peu vide. Je fixais le paysage sans même le voir défiler. Dans le tram je réfléchi, dans le tram je comprend, dans le tram je me parle.
Le texte m’a parlé, je me suis senti coupable, à tort. Je sais combien il en faut peu pour être malheureux. Je suis impuissante face à ce cercle vicieux.
J’aimerais être libre, m’affranchir de mes barrières, me laisser vivre. Ne plus me demander sans cesse « mais que vont-ils penser ? ». J’aimerais être impulsive, je crois, ne plus me poser de questions, surtout. Je suis trop cérébrale. Je regarde les gens vivre, évoluer, échanger. Et moi, qu’ai je à échanger ? Des instants silencieux, un sourire timide et quelques paroles.
Je ne sais pas si tu te rend bien compte de l’importance que tu as pris. Moi ça m’effraie. C’est vrai que le riz était un peu dur mais je ne t’en tien pas rigueur, ce qui compte c’est l’instant.
J’aime plonger dans l’univers d’une personne, ce qui fait qu’elle soit cette personne, cette personne unique.
Attachant ? Je suis attachée.
Je mange beaucoup de madeleines, de chocolat, et de bonbons. J’engraisse. Bouffer me fait du bien, ça m’occupe. L’après Venise est déjà loin.
En parlant de Venise, j’aimerais revivre Venise. Ou peut être continuer Venise ? Ou encore continuer à rouler en bus, longtemps, pour échouer ailleurs, mais ailleurs c’est tout ce qui compte, pas ici, dans cette salle de classe. Venise, m’émerveiller, me laisser vivre et profiter. Merci Venise.
J’ai les mains froides. Mes mains sont toujours froides. Je suis rentré à 15h, j’ai dormi jusqu’à 17h puis de 18h à 20h. J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Je crois que j’étais vraiment épuisée.
Je guète tous les soirs ma boite aux lettres qui reste toujours désespérément vide. Mais quand arrivera ce foutu modem ? Je m’impatiente sérieusement.




Mercredi matin, c’est grasse matinée. Certains dorment trop peu, moi j’ai l’impression de dormir beaucoup trop. J’ai fait quelques photos des expressions de mon visage, je ne peux m’empêcher de faire mille et une mimiques quand je parle.
Je passerais certains faits sous silence histoire qu’on ne me rigole pas au nez. Au nez de ma connerie profonde. Merci.
J’écoute encore Archive. C’est vraiment bien Archive.
Au jeu des allusions on fini par se nourrir d’illusions. Tout est codé autour de moi, tout le monde joue avec les mots, c’est à qui fera le texte le plus compliqué et à la fois le plus compréhensible.
Je me perd au milieu des mystères, de ces labyrinthes de mots abstraits et impalpables. J’attend le concret, les réponses, mais il y a en même temps quelque chose de tellement palpitant dans ce flou qui m’entoure.
J’ai l’impression d’être si loin de tout, si loin du monde… sans internet.
J’ai tendance à écrire, tout le temps, à longueur de journée, et très souvent sur des feuilles volantes. Mon trieur et ma pochette, sont bourrées de notes personnelles, parfois trop personnelles, le genre de choses que je ne publierai pas ici. Et aussi forte que je sois je m’arrange pour les perdre… mais où sont-elles passées ? glissées de mon trieur sur le sol de la classe ? ou encore pire, données à la prof avec les feuilles de mon exposé ? J’ai envie de disparaître six pieds sous terre. Je détiens vraiment la palme d’or du boulet.



Jeudi matin j’ai oublié ma pochette à dessin. J’ai du faire tout le trajet en sens inverse. J’étais frigorifiée et complètement blasée. Je crois que j’aurais aimé rester assise dans l’ancien tram. J’ai traversé le pont, la surface de l’eau était recouverte de feuilles dorées, les rayons du soleil venaient me chatouiller le visage. J’aurais voulut ne pas m’arrêter, rester assise ici toute la journée à regarder les gens passer et totalement m’oublier.
Je suis paradoxale. Je suis une personne solitaire, la plupart du temps je m’en accommode très bien, mais parfois j’aimerais autant ne pas l’être, parfois je me sens trop seule, trop invisible, trop rien, et ça me rend triste.
L’après midi j’ai été attaquée. Elles viennent sans crier gare. Alors je lutte pour ne pas les laisser s’échapper. Mais c’est pas facile. Et rien n’est vraiment facile. Cette présence, cette absence, cette fausse solitude.
J’ai du mal à comprendre la souffrance de certains, mais est-ce que je comprend seulement la mienne ? Nous sommes tous les comédiens de notre propre tragédie. Et quelle tragédie, laisse moi rire. Il n’y a pas de tragédie, il n’y a plus de tragédie, ça fait trop longtemps que la pièce est finie, le rideau est tombé, mais je n’ai jamais réussi à me défaire de mon personnage un peu trop bien interprété. Ça doit être ça en fait. On y prend goût à ce rôle de maudit, pour lui, comme pour elle, comme pour nous tous.
Je suis si lucide et pourtant ma lucidité ne m’empêche pas de me comporter au contraire de ce qu’elle me dicte.
Je suis cyclothymique. Ça va, ça vient, ça va pas, ça va bien.
Mon esprit n’est pas présent. Je répond aux abonnés absents.
C’est étrange comme sentiment. Ça fait plusieurs fois que ça m’arrive ces derniers temps. Je ne sais pas si les gens se rendent vraiment compte de ce qu’ils font. Bien entendu je suis flattée que l’on puisse se retrouver à ce point dans ce que j’écris. Mais ce qui me gène c’est que ce sont mes mots et mes mots ont une histoire, ils racontent mon histoire, il ne sont pas ici par hasard, ils parlent de personnes qui m’entourent, de sentiments qui me sont inhérents, de situations que j’ai vécu. S’approprier mes mots c’est un peu s’approprier mon histoire, c’est étrange c’est tout. Essayez de comprendre.
Et surtout, ne signez plus de vôtre nom.
Je suis une petite fille. Je rêve encore de magie, de contes de fées, de monstres cachés sous mon lit, de princesses, de dragons, de lutin, d’elfes et de sorciers, de château, de baguette magique, d’étincelles, je rêve de rêve. J’ai grandi, mais je sais que j’ai su garder mon âme de petite fille. Quelque part, j’ai toujours voulut vivre partout, sauf dans la réalité.
C’est la fuite dans un escalier sans fin, des mains accrochées aux barreaux, une vague qui me submerge, des nuages qui défilent à 100 à l’heure, les phares des voitures qui laissent des traînées lumineuses, une feuille en suspension dans l’air, une marche les yeux fermés, un ascenseur jusqu’au ciel, de la peinture sur les doigts, des traces de pas dans un couloir froid, de l’eau qui dégouline le long de mes cheveux, un couteau à la main, une chemise de nuit blanche, c’est le chaud et le froid, la peau et le froid, le sombre et le clair, des rayons de lumières qui s’infiltrent au travers d’une fenêtre brisée, le souffle du vent qui tourne les pages d’un vieux livre, la poussière qui se dessine dans la lumière, le parquet qui grince, le vent dans de vieux rideaux… ce sont des images.



Carte de voeux pour le lycée. Vous m'excuserez mais j'ai rien de plus intéressant à vous montrer…

Et puis ce matin, les nuages étaient joyeux.
Je me suis laissée prendre au jeu. A notre jeu. [ ... ]