J’ai poussé la barrière qui bloque l’accès à l’étage et j’ai gravis l’escalier dans la pénombre. Le bois des marches grince sous mes pas. Ma main glisse le long de la rampe. Je me sens si grande dans cette cage d’escalier, trop grande. En montant c’est comme si je traversais un temps.
J’ai erré en silence de pièces en pièces, respirant la mort d’un passé. Aujourd’hui tout est froid et vide, la vie semble avoir fuit cet endroit. Le thermomètre indique 10 degrés, un frisson me parcours le corps. J’abaisse avec délicatesse les poignées métalliques, j’attend le déclic de l’ouverture, les portes grincent, le parquet craque, je m’approche de la fenêtre pour y dessiner un cercle de buée et m’assoie quelques instants sur le lit. J’ai l’impression de me trouver dans un musée. Je contemple l’endroit avec nostalgie, je fais le moins de bruit possible, comme pour ne pas déranger l’âme de l’endroit. Je me sens soudainement si insignifiante. Cette maison a un vécu, elle a vu grandir trois générations, elle en a vu se dérouler beaucoup d’histoires, mais aujourd’hui il ne s’y passe plus rien. Les conquérants que nous étions ont abandonné l’endroit, plus de parties de cache-cache, plus de spectacles déguisés, plus de cabanes de couvertures. Il n’y a plus de jeux, plus de sourires.
Ils parlent de vendre la maison le jour ou Elle ne sera plus. Ça me fait peur.
Je suis passée devant la chambre de ma grand-mère, je n’ai pas osé y entrer. Petite j’étais fascinée par son coffre à bijoux posé sur la vieille console en bois et surtout par ce magnifique pendentif en argent, très ancien. Je crois qu’il n’y a rien d’autre que ce pendentif que je souhaite un jour obtenir en sa mémoire. Il possède une valeur symbolique si forte pour moi, je ne l’explique pas, il La représente, Elle.
J’essaie de ne pas encore trop penser à ce temps là.


Théâtre de mes inepties, ce blog part à la dérive, à moi de maintenir le cap. Première bonne résolution. A l’avenir je m’en occuperais plus sérieusement, à l’avenir je ferais de plus jolies photos, à l’avenir, je ferais plus attention à ce que je raconte. Enfin, on va essayer tout du moins.
Un symbole me hante ces derniers temps, la clé, et ce n’est qu’un demi-hasard. Serrures dans la chaire humaine, passages secrets, portes dérobées. Il faut que je planche la dessus. Enfin, il faut que je planche la dessus parmi tant d’autres choses pour tout dire, et il est bien la mon problème, j’ai envie de me lancer dans un tas de projet, mais je n’arrive jamais à dépasser ce stade de projet. Deuxième bonne résolution : poursuivre mes ambitions jusqu’au bout.
Troisième bonne résolution : Ranger. Ranger, tout, partout. Ranger mon bureau, ranger ma chambre, ranger mes travaux, ranger mon armoire, ranger mon sac, ranger mes classeurs, ranger mes factures, et surtout et avant tout ranger mon cerveau, ranger mon coeur et ranger ma vie. Ranger pour plus de clarté, pour dégager le chemin, et savoir enfin où je suis, où je vais.
Hier soir, j’ai fini ma boite de Ferrero Rocher et croyez moi, j’en suis toute déboussolée. Résolution numéro quatre, faire une cure de désintoxication de chocolat, et de manière générale contrôler mes addiction, toutes mes addictions…
Bref, j’ai du mal à prendre des résolutions vous savez, et puis de toute façon ce n’est qu’un prétexte à la conversation, je sais très bien qu’il sera difficile de m’y tenir, car on ne change pas du jour au lendemain, mais petit à petit, tant que le but reste en tête, on avance.
Alors résolution numéro cinq, à la place d’attendre, Cédille, ça serait cool que tu avances.


En attendant il va falloir que j’aille me déguiser en Cédille pour passer la nouvelle année, haut noir, collier noir, eye-liner noir.
Fêtez bien, amusez-vous bien, et merci à vous de toujours être là.
En vous souhaitant une belle année 2007.