samedi 27 janvier 2007
Affaire à suivre

Et si on décidait de donner un sens au mot destin ?


Troisième semaine de janvier : bouclée.
Je cherche à tâtons le bouton off sur le mur obscur qui me fait face. Je le sens tout proche, je sais qu’il est là, je brûle.
Bientôt tout va exploser, et j’ai très peur.
Lundi matin, j’ai vu comme je n’avais plus vu les deux semaines précédentes. J’ai retrouvé la vision que j’avais perdu, la vision du « beau », la vision du petit détail qui fera toute la différence.
Je prend de la hauteur, j’acquiert une sorte de détachement vis à vis de la situation. Il n’y a que ainsi que les choses peuvent paraître plus belles qu’elles ne le sont.
Et il vraiment inévitable que le bonheur des uns, fasse le malheur des autres ? Tout n’est qu’un méli-mélo sentimental ou chacun aimerai jouer le rôle d’un autre personnage. Chacun de nous tous.
« T’as les joues toutes rouges ! ».
Le froid est glacial, je ne sens plus mes doigts, ni le bout de mon nez. L’air gelé s’engouffre sous ma veste, et mes cheveux me volent dans le visage. J’ai mal.
Les câbles du tram sont tombés sur la voie, arrachés par un camion. J’appel à la rescousse.
Et on est restés coincés dans le portique du Liddl à cause de ma connerie.



C’est bien le bus aussi, différent du tram. Le chauffage sous mon siège me réchauffe le corps et le cœur. Dehors les flocons ne s’arrêtent plus de tomber. Nos visages sont figés dans le reflet de la vitre, les lumières du bus se mêlent au paysage. Je croise un regard miroir.
Deux yeux me dévorent. Du Nutela plein les doigts. Du Nutela plein le cœur. C’est bientôt la chandeleur.
Tour de manège. Ma neige !
On est sorti, braver la tempête, et c’est là que la phrase « fouler la neige immaculée » a pris toute sa signification. Les premiers pas sur un fin manteau neigeux fraîchement tombé, comme les premiers pas en une contrée inexplorée. J’ai souffert le martyr, transformée en bonhomme de neige, protégeant mon petit Arthur contre les agressions des flocons, mais j’étais heureuse. J’étais heureuse, parce que l’hiver est enfin arrivé.


Au petit matin j’exultait de joie : 20 centimètres de neige poudreuse sont tombés pendant la nuit. Le paysage était recouvert d’un merveilleux manteau blanc.
Je suis sortie pour aller en cours, mes chaussures s’enfonçaient dans la neige du trottoir non déblayé. J’ai mitraillé un peu tout et n’importe quoi avec Arthur, juste pour le plaisir d’appuyer sur le déclencheur je crois. Je suis montée dans le tram. Une dame est venue me poser quelques questions photographie. Les gens viennent toujours me parler photographie quand j’ai Arthur autour du cou. Je me sens soudainement prendre de l’importance, et en même temps ça me gène horriblement. A Baggersee j’ai embrayé par le bus de substitution avec deux de mes camarades. On est arrivé en retard chez Pulvi, conquérants triomphants, les pieds congelés. Vie de classe. Oh joie ! Bien sur qu’on est soudés entre Gep et Mma. Comment ne pas l’être avec toutes les relations ambiguës qui se créent entre membres des deux groupes ? Quoi que, sur le long terme ça risque bien de jouer négativement sur l’ensemble de la cohésion de la classe. Mais qui vivra, verra.

La fin de ma semaine ne sera rythmée que par une seule et même personne.
De la petite salle de cinéma de L’Odyssée, en passant par les rayons de Auchaun Bagersee, du cours d’expression plastique, jusqu’en salle informatique, mais aussi du bus et du tram, et de ces quelques pièces que je connais par cœur.
Bulle. […]

Venise me hante toujours et encore, et je ne comprend pas pourquoi. Regarder encore ces photos me laisse un goût amer dans la bouche, les sensations passées sont devenues lointaines, impalpables, comme si elles n’avaient jamais vraiment existées. C’était il y a bientôt 3 mois déjà et cela me semble être une éternité.
Je suis tombée sur ses mots à propos de notre voyage, une feuille pliée en deux, parmi tant d’autres pensées, si véritables, sans jolis mots, sans jolies phrases, pour ne garder que l’essentiel, sans masque et sans façade. Et je crois que c’est bien ça ce qu’il y a de touchant, le vrai, l’essentiel, toute cette simplicité au milieu de tout ce faste méprisant.
« Je ne sais toujours pas si ce fut un rêve ou la réalité, mais je l’ai vécu. » Et c’est moi qui répond « Merci ».
C’est beau, beaucoup de beau, et c’est ce beau qui emmerde bien du monde.
Les médisances dissimulées ne m’atteignent pas. Les auteurs refusent de percevoir leur propre frustration. Juger, critiquer, pour quelque part se rassurer. Mais ne pas oublier que nul n’est parfait, ni toi, ni moi et que chacun est en droit de mener sa barque comme il l’entend.
Rédigé par Cédille, le samedi 27 janvier 2007 à 23:50 :: #51




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1. Le dimanche 28 janvier 2007 par clown :
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