vendredi 30 mars 2007
Histoire de l'inutile
Tombée du ciel et vaporeuse, mademoiselle est amoureuse.

17h. Fin de semaine sous la pluie. Errance, toujours, avant de retrouver la solitude de mon appartement. Ce que je peux être paradoxale.
Faire chauffer la carte bleue, parce que.
Bouquin de graphisme, toujours.
Regarder les visages défiler derrière la vitre du tram.
Un clone, jeans serré, ballerines aux pieds, frangée, tee-shirt rayé traverse la rue en courant.
14h. S’assoire sur un banc pour parler.
Quelques confidences qui vous vont droit au cœur.
Ramener les billets de mes absences. Délits de paresse, délits d’amour.
Et parfois ce soleil qui vous réchauffe le dos.
13h. Devoir le quitter au milieu de la route, son énorme sac sur le dos, avec ce petit pincement au cœur, saupoudré d’une vilaine jalousie. Jalousie du voyage, jalousie des gens. Ça ne me ressemble pourtant pas.
Les angoisses sont difficiles à cacher, un état honteux qui vous habite soudainement. Les larmes coulent silencieuses dans l’obscurité. Rien n’est pourtant vraiment justifié.
Comment faire confiance à autrui si je n’arrive même pas à me faire confiance à moi-même ?
Il y a des choses à ne pas me dire. Et si demain tu n’étais plus là ?
Mes angoisses sont stupides. Me angoisses sont vicieuses. Mes angoisses sont indomptables.

Il est 20h20, un éclair vient de zébrer la nuit sous mes yeux. J’aime. Des grondements résonnent dans le ciel.
Les gens se divisent, la faute à l’amour, la faute aux querelles. Je regrette les débuts, voir le milieu, je regrette Venise, je regrette les soirées. Mais que peut-on vraiment y faire ? Après tout, c’est souvent comme ça les débuts, un peu trop beaux, avant que les caractères ne se révèlent véritablement, laissant un petit goût amer.
J’ai raccroché le téléphone, la gorge un peu nouée, mais heureuse et rassurée.
Je ne suis qu’une petite princesse trop exigeante, avec un besoin peut être trop présent de constantes preuves d’affections.
Odyssée, sa tête endormie contre ma poitrine, tram, et ces yeux bleus qui brillent dans la lumière. J’ai remis les pieds à la gare. Ça faisait une éternité que je n’y étais plus allé. J’aime la station souterraine ses murs rouges et son odeur de poussière. J’aurais voulut aller sur les quais, goûter à la foule, aux visages anonymes, à l’attente et aux jingle scnf. On ira.
Les pâquerettes se fanent au fond de mon sac, au fond de sa poche.
Je vis au milieu d’un bordel sans nom, et moi ça me plaît vraiment, c’est du bordel organisé. Pour un mois encore, j’ai 40m carrés de surface au sol à habiller de mes affaires de cours, bouquins, magasines, journaux et prospectus, fringues qui traînent, vaisselle sale, pots de yaourts vides, câbles et chargeurs… alors autant en profiter.

Rédigé par Cédille, le vendredi 30 mars 2007 à 23:34 :: #56




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1. Le samedi 31 mars 2007 par Cédille :
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