samedi 14 avril 2007
Dans la peau
10 avril
Quand je m’allonge sur mon lit et que je regarde par le fenêtre, je ne vois plus qu’une immensité bleutée. La nuit on y voit les étoiles, la fenêtre grande ouverte, une dizaine de petits tubes fluorescents éparpillés autour de nous. Le scintillement de la ville fait entrer une lumière douceâtre dans la pièce. On s’amuse à dessiner d’éphémères formes rouges dans l’obscurité, sculpter la lumière, pour lui donner un sens, un esthétisme.
Les sens s’enivrent à la vision de ces corps redessinés par la rougeoyante lueur des néons. Brûler. S’aimer.
Je pactise avec le diable et plonge dans la démence. Dialogue de sourd. Ne rien retenir. Cédille déraille. Cédille se libère.
Terminer par ces clichés torturés jusque tard dans la nuit. Parce qu’on ne guéri jamais vraiment un insomniaque.
Instants si atypiques.
11 avril
Y’a cette pub à la télé, avec la musique d’Eternal Sunshine, sur laquelle je ne peux jamais me refuser quelques pas de danse, bercée. Quelques notes pour me perdre et m’oublier.
Pourquoi toujours cette impression qu’une fois que vôtre bonheur semble enfin complet, d’autres éléments propres à la vie semblent comploter contre vous ? Hypocondriaque que je suis, j’imagine des scénarios catastrophe pour mes petits-gros bobos. Je me fais peur, et j’en perd le sourire. En plus de mes prédispositions naturelles, je malmène ma santé depuis 19ans avec mon alimentation déséquilibrée. Trop de carences en tout.
Qui vivra verra ? Et puis de toute façon, à deux, on est toujours plus fort.
Avec lui je ris beaucoup. Je pleure un peu aussi. J’suis pas très belle quand je pleure, mais paraît qu’il me kiffe quand même, alors c’est pas grave.
J’arbore depuis le début de la semaine en cicatrice en forme d’éclair sur le front. Je ne me prend pas pour Harry Potter, je me suis griffée en dormant.
Les jours sont beaux et chauds. J’exhibe mes complexes. Avec les filles on est niaises, alors on va cueillir des pâquerettes. On peint par terre dans la cour pendant les cours et on bronze pendant des récréations d’une demi heure, allongés sur les bancs. Alors ne nous plaignons pas, il fait vraiment bon être en art appliqué.
J’aime rouler avec lui la nuit, les fenêtres de la voiture grandes ouvertes, l’air tiède du début de soirée qui vous balaye le visage et les lumières de la ville qui s’allument doucement.
On travail peu, on sèche parfois, on rigole beaucoup, on dort trop peu, on se taquine souvent…
Je t’avais dit qu’une Cédille s’apprivoise avec le temps.
Je crois que ça y’est, je suis apprivoisée.
13 avril
Plus le temps passe, plus je suis convaincue qu’aujourd’hui ma vie est ici. La fin du bail approche, j’appréhende l’instant ou je vais laisser définitivement mes clés dans les mains d’un inconnu.
Ma vie est ici. Ma vie est à Strasbourg.
J’aime ces soirées. Malgré que je sois toujours cette personne trop effacée et lunatique, je savoure ces instants au milieu de ces gens pour qui j’ai beaucoup d’estime. J’écoute, j’observe, je « clic ».
Je me rend compte que je me suis attachée à certaines personnes, même si je peine à leur montrer. Alors, sachez-le, voilà tout.
Deux semaines de vacances, une montagne de boulot… du boulot pro, du boulot pour les cours, du boulot pour moi. Il s’agit d’essayer de continuer à vivre à côté de ça.
Ci dessus, des recherches de logo pour le Fanal, théâtre scène nationale à St Nazaire. Un sujet fictif, mais je m’amuse bien. Et même que si je trouve le temps je refais mon site en Flash pendant ces vacances… Si je trouve le temps, si je trouve le temps…
Rédigé par Cédille, le samedi 14 avril 2007 à 02:07 :: #57




Vos réflexions constructives :
1. Le samedi 14 avril 2007 par Eliness :
2. Le samedi 14 avril 2007 par Ben1 :
3. Le samedi 14 avril 2007 par clown :
4. Le vendredi 20 avril 2007 par Ludo :
Ajouter une réflexion constructive :