3 mai.
« Tu sais, quand tu regardes au travers du ballon, tu vois tes mains et l’ombre de tes mains qui se superposent, créant de drôles de formes noires. » J’ai l’impression qu’à l’intérieur d’un ballon se trouve tout un monde de calme et de sérénité. Un monde bubble gum aux couleurs acidulées. Je regarde le monde au travers de la membrane pastel et crée une pyramide de ballons au dessus de ma tête. Ne t’en va pas.

J’ai parfois un peu peur vous savez., peur de savoir de quoi sera fait demain. Peut être est ce une peur partagée par beaucoup d’entre nous, pour des raisons qui nous sont communes, d’autre qui nous bien propres.
Ma lampe chinoise est accrochée dans le ciel, au revoir les toits des immeubles, je vous ai aimé. Les murs sont vides et la poussière au sol me salis les pieds.
Le temps est doux, je souris beaucoup, c’est bon de sourire, j’arrive même à en oublier ma timidité.
Je me dis que la situation semble des plus paradoxale. Comment ai-je pu changer autant en l’espace de si peu de temps? D’une personne étouffée, en manque de liberté et de solitude, je suis passée à une personne passionnée et trop accrochée, parfois jusqu’à en devenir étouffante. C’est l’étouffée, étouffante. Qu’importe.

J’ère en ombre délicate et fantomatique. Ballottée par le vent, balance ma tête en délicatesse.



Des airs de piano virevoltent encore par la fenêtre. Je suis allongée sur mon lit, achevée. Cette après midi, c’était expositions en tout genre, on a beaucoup marché, beaucoup regardé, et moi, j’ai beaucoup fait chauffer l’objectif. J’aime ces sorties, elles sont enrichissantes pour notre culture artistique et importantes aussi pour donner un semblant de cohésion à notre classe. Maintenant, lorsque je visite un musée, je reconnais bon nombre d’artistes. C’est bête comme constatation, mais j’en suis heureuse. Moi qui il y a deux ans encore, n’étais capable de ne reconnaître rien d’autre qu’un Picasso ou un Dali, et encore... J’ai pris goût à l’art, j’aime l’art moderne, et plus particulièrement encore l’art contemporain. Je le trouve fascinant, inventif, incisif, intellectuel et tellement plein de culot. Les musées sont des lieux que je respecte. Ce dédale de pièces blanches qui vous paraissent chaque fois plus immenses m’impressionne. On s’y perdrait des heures dans la contemplation de ces œuvres, assis sur les bancs. Vous approchez votre visage de la toile, une envie de d’effleurer la matière qui vous fait face vous surprend. Je m’émeut, du verbe s’émouvoir, plus joli à l’oreille, à la vision d’une photographie, et m’étonne de ces citations qui semblent tant correspondre à ma perception de la photographie.
« La photographie serait-elle ce qui permet par la vision de vivre tous les autres sens ? Le relief, le bruit, l’odorat ne sont-ils pas inclus dans une bonne image ? »
« Eviter le spectaculaire, le pompeux, et enregistrer les moments sans importance qui sont tous, en fait, plein d’importance »

7 mai.
Le rythme s’accélère, le temps défile à une vitesse vertigineuse. J’accumule la fatigue de trois journées bien remplies, expositions, europapark et déménagement au programme. Un peu de répit pour me lover dans ses bras, et savourer une pizza assis par terre devant la télé.
Sarko et Sego sont dans un bâteau, Sego est tombée à l’eau, adviendra ce qu’il adviendra, je suis curieuse de savoir comment les événement vont maintenant se dérouler.




12 mai.
Insolence. Les angoisses m’assaillent et me rongent, je commence à croire que mes phobies sont infinies. Elles semblent évoluer avec ma maturité, et prouvent quelque part mon manque de maturité, voulant sans cesse m’empêcher de grandir et de me retrouver confrontée à ce monde d’adultes. Même si souvent je n’en laisse rien paraître, j’en souffre et mon entourage proche en pâtie au passage. Aujourd’hui, j’ai mal au ventre, j’ai des nausées, quelques larmes vites effacées, et mon esprit n’est plus obnubilé que par une seule pensée. Alors pour oublier mon mal être je m’allonge pour la énième fois de la journée sur mon lit et plonge dans un sommeil plein de torpeur, pour oublier encore.

Je lutte. Week-end gris, comme si les nuages s’obstinaient toujours à jouer avec mon état d’esprit. Les cours sont finis. On s’est dit adieu à 17 dans un petit studio, assis par terre, mangeant n’importe quoi, faisant du skateboard devant le cimetière, grimpant dans les jeux pour enfants et terminant par un blind test. Si on ne pouvait garder de cette année que cette image. Bilan au prochain épisode, la pour tout vous dire, j’ai plutôt la flemme.
De cette année je le garde lui, des ruptures, des blessures, des amis et de sourires aussi.
Demain matin, bonjour le stage, bonjour boite de multimédia, bonjour les logiciels, les responsabilités, bonjour les collègues, et tout ça, et tout ça…
Bonne chance la Cédille.

« ou que nous aillions nous ne seront jamais assez loin d’ou nous étions ».