Le bon, le mauvais et la reine... rythment mes journées.





Nous sommes le 1er juin, nous sommes en automne.
J’ai encore oublié un anniversaire, comme pour laisser mourir les derniers liens qui nous unissaient.
A l'agence, ils font des trucs vraiment cool. Et je ne peux m’empêcher, à la vision de toutes ces installations multimédia, de me remémorer la biennale de l'architecture de Venise et sa scénographie graphique. Je me rapelle des « cloches à sons » suspendues, sous lesquelles ont s’entassait pour s’immerger de l’ambiance sonore des différentes villes du monde. Je me rapelle des projections vidéos en accéléré sur les gros pavés blancs disposés sur le sol. Je me rapelle de la pièce rouge et de ses gradins. Je me rapelle des sculptures en polystyrène. Je me rapelle de la première salle circulaire. Je me rapelle des murs noirs, des éclairages bleutés, et des panneaux gigantesques et graphiques. Je me rapelle, tout ça, tout ça [ … ]
La pièce d'à côté, c'est la pièce des bidouilleurs, j’aime bien l’idée de laboratoire à expérimentation, vous savez, genre savant fou, avec des machines, des écrans et des câbles partout.
Hier ils ont fait des tests pour BatekMila, une projection multimédia qui consistait en une ligne blanche coupant un écran au deux. Au son, cette ligne se démultiplie en plusieurs courbes de différentes intensités en fonction du volume sonore, et laissent apparaître entre elles des vidéos. Batek Mila, c'est un peu le gros projet du moment, une exposition sur le monde basque qui sera établie prochainement à Bayonne ( une pensée pour Sally ) … et même que j’ai la chance de pouvoir y contribuer à mon niveau.



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Nous sommes dimanche 3 juin, c'est le début du printemps, et pour continuer à ne vivre et à ne vous parler que de ça, hier nous étions au festival international de l'affiche et des arts graphiques de Chaumont. Une bien rigolote expédition en voiture, en région étrangère, avec lui, des com' visuelle et une petite fille. J'avoue que l'affiche de cette 16ème édition à de quoi vous laisser songeur, alors pour ce faire nous dirons que c'est un homme chocolat ( très à la mode les humains chocolat cette année ).
Actuellement allongée sur le lit, je pianote sur le portable, et ne sais par ou commencer pour vous raconter cette escapade. Chaumont n'a beau se trouver qu'à 3h30 de Strasbourg, elle n'en est pour le moins dépaysante, mais je crois qu’on peut voir la chose différemment, c'est l'Alsace qui est bien trop typée par rapport au reste de la France. Centre ville mignon et pittoresque, des maisons blanches, parfois délavées et délabrées. Le festival s’étend en des lieux d’expositions dispatchés aux quatre coins de la ville, on s’y perd parfois un peu, et pour tout dire j’aime ça. Pour bien commencer, Paul Rand à la maison de l'édition, graphiste américain, emblématique de la modernité, qui s’est surtout illustré dans les années 50 et 60. Puis le Garage, que j'imaginais un peu différemment, immense et froid, avec ses mûrs jaunes édifiés pour cette nouvelle édition, panorama de la création graphique française. Je reste parfois songeuse dans ma bulle, seule, mais si bien. Et puis il y avait Richard Niessen, graphiste néerlandais qui très originalement s'expose dans une chapelle, un style très graphique, une saturation de motifs et de couleurs. J'ai beaucoup apprécié ses travaux et notamment tout le travail d'agencement autour. Pour terminer et non des moindres, l'entrepôt des subsistances, un nom un peu glauque, pour deux étages d'affiches de tout horizons ainsi que le fameux concours étudiants tous à Chaumont cette année sur le thème du réchauffement climatique. Tout ça pour dire qu’il y avait vraiment de quoi en prendre plein les yeux.






Nous sommes le 4 juin, ça y'est, c'est l'été.
Train train quotidien, les Com' visuelle qui vous manquent, se goinfrer de pâtes à n'en plus pouvoir, rouler encore et toujours, vider mes réservoirs, faire le plein à la station essence, et me languir de cette ville dans laquelle je vis et que je n'ai plus le temps de parcourir. Rentrer le soir et pianoter encore, photoshop, illustrator, flash et dreamweaver sont devenus mes raisons de vivre, je ne cesse de plonger chaque jour un peu plus, un jour je serais graphiste, et ce jour là, c’est déjà demain. Parfois vous pensez tout haut en Pomme Z, Pomme C, Pomme V, Pomme A, Pomme R, Pomme ou contrôle, au choix, tous ces raccourcis qui s'entassent dans votre tête. Sur les panneaux publicitaires vous reconnaissez les typo employées... tiens, encore une platelet. A la télé vous n’arrivez plus à regarder une publicité sans vous mettre à l'analyser. Mais ces mecs sont des génies, comment ont-ils eu cette idée? J’assure, les plus bluffantes sont les pubs pour les voitures ( et j’en ai bouffé de la création publicitaire pour des voitures cette année ). C’est comme ce mec qui…. mais je m'éloigne, ou en étais-je déjà ?






Et puis soudainement, je trébuche.
Est ce cela, hypersensibilité, que de noyer mes larmes dans le silence de la nuit? Et m’endormir si seule alors qu'il n'est qu'à 30centimètres de moi. Est ce cela, hypersensibilité, que de m'effondrer si facilement après un instant de bonheur? Et me haïr à n'en plus pouvoir. Est ce cela, hypersensibilité, que ne plus rechercher que le réconfort de sa peau comme seule raison d'exister? Et regretter ces mots que je ne devrais pas raconter.
Est ce moi, hypersensibilité?

Et puis parfois j'me dis que je n'ai plus rien à cacher ici. Pourquoi continuer à tenir ce blog dans l’obscurité, si toutes les personnes qui n’étaient à l’origine pas sensées tomber dessus ont fini par le trouver? Si je ne cesse de le dévoiler à droite à gauche sans ne plus ressentir aucune appréhension ? Alors je vais continuer à déblatérer mes conneries et ma vie, dire parfois tout haut ce que je pense tout bas, parler de mes désordres intérieurs, crises d’angoisses et de folie. Comme si de rien n’était.