Attention ce post est à contenu hautement déprimant.
Sujfan Stevens - All the trees of the field will clap their hands
C’est dans l’air. Comme un parfum de nostalgie automnale qui s’infiltre dans votre chaire. On s’emmitoufle, on se barricade, contre les assauts du froid, de la vie aussi, ici, dans mon cocon. On manque de force parfois, alors à deux on se relève, en s’enlaçant le plus longtemps possible sous la couette, paradoxalement. J’aime le voir fragile. Parce que je suis la seule. La seule aussi à toujours être là. Fragile, je le suis. Physiquement, moralement, émotionnellement, à la merci du grand Automne, trop sensiblement. J’ai envie que ces jours passent, s’échappent, fuient loin de moi, me laissent tranquille, enfin. Je repend de chimériques forces en pressant des oranges, comme pour me persuader de faire des efforts. Apprendre à me défendre, moi qui suis loupée.
Deux absences délibérées qui ne me ressemblent pas, comme un grand ras le bol qui vous dépasse. Toujours les même mots depuis 5ans. Les causes en sont toutes différentes, j’appréhende ça avec une toute autre maturité. Elle à l’air un peu triste quand même. On dirait qu’elle se cache. Elle paraît timide.
Et sans qu’ils s’en rendent vraiment compte, ni que j’ai conscience de faire passer tout ceci en un dessin, ils m’ont entièrement résumé en ces trois critiques lancées.
L'évasion est dans le rêve.
L'évasion, un thème récurrent, une fuite constante. Prochaines évasions, Paris, Disney, Bâle, Start’, Mamc, Maillon ( ? ), Londres. Et puis guérir, surtout.
Je m'éclate.
( Et je remercie mes petits camarades bruyants pour m'avoir insufflé cette obsession de la vibration ).
( Et puis peu de photos, pas de lieu approprié, ni le temps à consacrer, j'ai un diplôme en graphisme à décrocher ).
( Et je trouve le cinéma Dada, terrible ).
Je n’aime pas ces temps ci. Un arrière goût d’avant flotte dans l’air. Je m’éloigne, je fuis, je me tais et c’est mal. Il y a ce monde dans ma tête, il se repeuple, des obsessions, par-ci, par-là. C’est si savoureux d’avoir des obsessions, des images et des mots qui habitent votre esprit du soir au matin. Je me sens comme transportée. Mais voilà, il y a un problème à cela, ce n’est que baignée de solitude que mon monde peut exister. J’ai des envies de silence, des envies de réflexion… je ne fais rien pour provoquer cela, cela s’impose à moi. Et je m’enferme à double tour, dans ma bulle.
Je me sens si éloignée de la réalité. La réalité ne m’intéresse pas. J’aime les formes, j’ai envie d’explorer les formes. Et puis les couleurs aussi. J’aime l’harmonie des formes et des couleurs, moi ça m’épate, ça me laisse sans voix.
Je n’aime pas le réel.
Boulot, dodo. La pression m’étouffe et le temps me manque. Les projets s’enchaînent… certainement trop vite pour nous laisser le temps de faire notre petite cuisine personnelle à côté. Dessiner, lire, sortir, regarder, travailler, comment placer dormir, ou bien même rêver au milieu de tout ça ? Et mon disque externe qui vient de rendre l’âme avec tous mes jolis projets… Rage extrême. Mi-octobre. Je sature.
Se descendre un demi pot de nutella à la petite cuillère en une soirée c’est mal.
Et puis pourquoi les gens s’obstinent à me parler d’ennemis ? J’les vois pas moi les ennemis, j’aperçois juste des cons, mais ça, c’est pas grave, des cons y’en a toujours eu.
Le problème avec le nutela c’est que ça vous pique terriblement quand vous le foutez sur vôtre toute fraîche plaie que vous vous êtes intelligemment faite en prenant vôtre langue pour un morceau de pizza. Non, ne cherchez plus, je suis la reine de la mal bouffe.
Ce soir j’ai vu 99 francs, comme tout le monde, oui. Ça diffère un peu du bouquin, la fin est pourrie, quoi que… certaines images sont surprenantes, enfin bref, c’est prenant, mais je ne m’abaisserais pas à faire l’apologie de ce film plus longtemps.
C’est marrant vous savez, parce qu’apprenant toutes ces infâmes techniques publicitaires on se sent deux fois plus concernés. Voilà, moi, à l’école, j’apprend à prendre les gens pour des cons, la publicité c’est vraiment fascinant.
Ma liste msn est un impressionnant déballage de propos tout à fait personnels. Moi ça m’afflige de savoir X est trop folle amoureuse de Y, que Z est parti faire les courses, que Y dont est amoureuse X passe une trop bonne soirée chez Z qui est entre temps revenu de ses courses. Et puis j’avais pas parlé de Q qui à passé un week-end trop ouf à Marseille, P qui part se la péter en Tunisie, et R qui trouve son dernier I-pod trop cool. Tout ça pour combler à tous notre curiosité déplacée. C’est à ce moment là que vous avez le droit de me demander : « et toi, pourquoi tu blogues ? ». Et vous, pourquoi êtes vous là ?
Quand j’étais petite, la figure de l’aventurier, c’était mon parrain. Moments mémorables de ces soirées diapositives sur grand écran blanc, coupant le salon en deux. Les récits imagés de ses innombrables voyages aux quatre coins de la planète. Ça c’est vivre, découvrir. J’étais assise par terre devant l’écran, grignotant des curly, je me noyais déjà dans les images.
J’sais pas vous, mais moi, j’aime reconnaître les musiques employées dans les films ou les reportages qui passent à la télé, en reconnaître plusieurs d’affilés me rend toute heureuse, z’avez qu’à lui demander.
Et de temps en temps je redeviens comme avant, à ne plus savoir qui je suis, à traîner ma mélancolie sur les pavés mouillés de la ville, à me laisser avaler par les milliers d’images qui défilent derrière les vitres, à poser ma tête fatiguée sur la table de cours et fermer les yeux discrètement, a sourire pour des choses banales, ce jeune dans une vieille mini blanche, ce père et de sa fille qui chahutent dans le tramway, les publicités kitch pour des monuments funéraires, croiser invisible, quelqu’un que je connais mais qui ne peut me voir, toutes ces minuscules histoires.
Désintégration?
Et j'espère au passage que vous n'oubliez pas d'aller voir régulièrement par là.