Novembre, l’air strasbourgeois est glacial et je sème au vent de la laine rouge.
Je m’endors, il est là. Je me réveil, il est là. Il n’y a pas de lieux plus agréable. Que ses bras. Que ses yeux.
Je travail, je mange, je dors.
Je n’aime pas le rythme de cette année. D’ailleurs je crois que je n’aime tout simplement pas cette année. Je n’aime pas ce manque de temps, et je ne m’aime plus moi et ma chrysalide. Je me sens comme étrangère.
Je rêve de grandes écoles, où on ferait du beau toute la journée, du beau, rien que du beau, sans se soucier de toutes ces stratégies de communication, et sans s’encombrer de ces matières générales qui je sais pourtant nous sont utiles mais tellement dérisoires face aux arts plastiques où à la création graphique. J’ai peur de l’an prochain. Comme un grand point d’interrogation au bout d’une ligne droite. Où ? Pour quoi faire ? Et avec qui ?
Mais. Novembre, l’air strasbourgeois est glacial et je sème au vent de la laine rouge.
Il ne faut se soucier de plus, que cela.
Venise, et tout ce qu'elle m'évoque toujours et encore.
Prises de vue argentiques, par l'homme qui allait devenir mien.
[ Elle aussi est formidable et je l’aime comme je crois aimer les autres, sans la moindre volonté de vivre l’histoire mais comme l’envie de protéger cet être magnifique doux et fragile ].
En fin de compte il s'agit juste d'oser faire n'importe quoi.
Incubation, comme un merveilleux voyage transitoire, ici, entre deux eaux, je recherche à tâtons, dans un frôlement, celle que je suis, celle que je serais. Je me lie, pour mieux me défaire, dans le fond, je n’ai besoin de personne, car personne n’a jamais plus eu besoin de moi. Ce qu’elles sont devenues, n’est pas moi et n’aurait jamais été moi, superficielles, jusqu’aux orteils. Trois lettres, un essentiel, un pilier, comme un sens à ma vie, celui que j’avais toujours cherché, celui que tous devraient chercher. J’apprend et j’évolue, j’échoue, je trépigne, je pleure, parfois j’avance, parfois je suis fière, parfois j’y crois.