Nellie McKay - David




Novembre, l’air strasbourgeois est glacial et je sème au vent de la laine rouge.

Je m’endors, il est là. Je me réveil, il est là. Il n’y a pas de lieux plus agréable. Que ses bras. Que ses yeux.
Je travail, je mange, je dors.
Je n’aime pas le rythme de cette année. D’ailleurs je crois que je n’aime tout simplement pas cette année. Je n’aime pas ce manque de temps, et je ne m’aime plus moi et ma chrysalide. Je me sens comme étrangère.
Je rêve de grandes écoles, où on ferait du beau toute la journée, du beau, rien que du beau, sans se soucier de toutes ces stratégies de communication, et sans s’encombrer de ces matières générales qui je sais pourtant nous sont utiles mais tellement dérisoires face aux arts plastiques où à la création graphique. J’ai peur de l’an prochain. Comme un grand point d’interrogation au bout d’une ligne droite. Où ? Pour quoi faire ? Et avec qui ?

Mais. Novembre, l’air strasbourgeois est glacial et je sème au vent de la laine rouge.
Il ne faut se soucier de plus, que cela.