dimanche 3 février 2008
Wrong line
Quand je regarde derrière moi, je trouve que j'ai changé, et à la fois pas tant que ça.
Plaid - Lilith
Il pleut à ne plus s’arrêter. Ma fenêtre, les rideaux grands ouverts, dehors, le ballet des phares des voitures dans l’obscurité pluvieuse. J’entend le bruit des pneus qui roulent dans les flaques d’eau, les gouttes qui ruissèlent contre le toit, contre la vitre. Dans ma fenêtre il y a, le reflet de mon petit chez moi, du sol au plafond, j’aime ma grande fenêtre. Les guirlandes se superposent à l’obscurité de la rue, moi, assise juste en face, l’ordinateur sur mes genoux, on ne me voit pas. On ne me voit pas. Jamais.
L’air manque ici, ce n’est plus très drôle ici, alors j’ai envie de partir d’ici, mais j’ai peur d’être seule loin d’ici, j’ai peur de ne pas arriver à gérer mes peurs une fois que je serais loin et seule, d’ici.
Les gens sont rigolos. J’ai souvent l’impression qu’on me prend pour une idiote, une idiote que je ne suis pas, tout ça parce que je n’ai malheureusement pas la grande gueule de certains. Nous avons tous des égos surdimensionnés, parfois ça donne des clashs, c’est p’tet ça aussi quelque part, être artiste. J’analyse les gens, et en deux ans, j’ai eu le temps nécessaire pour leur tirer le portrait depuis mon coin de salle. Ça y’est, on se connaît tous par cœur, les manies, les passions, les colères, mais le plus rigolo, ce sont encore nos contradictions. J’aime les contradictions humaines, j’aime les gens qui critiquent, mais qui sans s’en rendre compte sont ou seront un jour ce qu’ils ont critiqué. J’aurais tout un tas de jolis exemples à vous donner, mais qu’importe en réalité, puisque que nous sommes tous contradiction.
On travail plus sur l’intime ces derniers temps, et moi, ça me plait beaucoup, parce qu’au rayon égocentrisme je suis certainement la reine des reines. J’assume tout à fait. Niveau ex-voto, toutes mes vieilles blessures à exorciser : déménagement, fil de vie coupé en deux, premières crises et solitude. Quelles sont vos fêlures les gens ? J’aime les failles humaines, les faiblesses humaines, celles qui font que nous sommes ce que nous sommes. Être quelqu’un sans histoire doit être triste. J’ai toujours été attirée par les gens, les hommes à histoires plus particulièrement, de ceux qui ont une belle carapace, de ceux qui ne veulent rien laisser transparaître mais dont vous avez l’intime conviction qu’il y a quelque chose, juste là sous votre nez. Moi, ça me plait, cette sensibilité masculine dissimulée, parce qu’un homme ça n’a pas le droit de pleurer. Et quand je me retrouve face à lui je n’en peux plus encore de me plonger dans ses yeux, qui me parlent de blessures autant que de l’amour qu’il me porte.

Rédigé par Cédille, le dimanche 3 février 2008 à 23:40 :: #92




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1. Le lundi 4 février 2008 par malice :
2. Le lundi 4 février 2008 par Neivine :
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7. Le jeudi 14 février 2008 par GlingGlo :
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